Réponse à ma question écrite sur la Journée de l’Europe

Le 3 juin, j’avais posé une question écrite à Harlem Désir sur la journée de l’Europe le 9 mai. Vous trouverez sa réponse ci-dessous que je trouve particulièrement intéressante et dont je partage le point de vue.

La Déclaration de Robert Schuman du 9 mai 1950 a un caractère fondateur dans l’histoire de la construction européenne, en ce qu’elle a permis de faire passer l’Europe de l’idéal au réel. L’usage qui s’est développé de faire du 9 mai la journée de l’Europe atteste bien de l’importance qui s’attache à cette déclaration. De fait, cette célébration s’est imposée en dehors de toute prescription juridique ou normative. En France, elle a même gagné en ampleur et en résonance ces dernières années. Grâce aux initiatives portées par de nombreux partenaires publics et privés, le 9 mai est devenu un moment festif et de débat sur l’Europe. C’est une grande fierté pour la France que la journée de l’Europe commémore la déclaration de Robert Schuman prononcée le 9 mai 1950 dans le salon de l’Horloge du Ministère des Affaires étrangères au Quai d’Orsay. L’idée de faire du 9 mai un jour férié, en substitution du 8 mai, revient régulièrement dans le débat public. Elle figurait notamment au programme des échanges de la « Commission de réflexion sur la modernisation des commémorations publiques » en 2008. Sur ce point, les conclusions de cette instance placée sous la présidence de l’historien André Kaspi furent partagées, sinon réservées. La célébration du 9 mai n’a pas la même vocation que les grandes commémorations nationales que sont par exemple le 14 Juillet, le 11 Novembre ou le 8 Mai : celles-ci assurent une « transmission mémorielle » ; celle-là renvoie à une construction qui se poursuit aujourd’hui. C’est pourquoi, sans l’opposer au 8 mai ou chercher à en faire un jour férié, il convient de continuer à amplifier la commémoration de la déclaration Schuman et à imaginer les évènements qui lui donneront toujours plus d’éclat compte tenu de sa portée historique mais aussi actuelle. Une adhésion renouvelée à l’Europe et une plus forte appropriation par les citoyens dépendent d’abord de la capacité de l’Europe, par la mise en oeuvre de ses politiques et l’obtention de résultats concrets, à faire sans cesse la preuve de son utilité et des bénéfices qu’elle est à même de procurer. Dans les difficultés que connaissent les pays européens et leurs citoyens, c’est aujourd’hui plus encore la priorité et le principal défi que l’action du gouvernement entend relever.