Vente d’armes à la Russie : réponse du MAE

J’avais posé une question à Laurent Fabius au sujet de la remise en questions de vente d’armes par la France à la Russie dans le contexte ukrainien. Vous trouverez la réponse du ministère ci-dessous.

S’agissant de l’exportation de matériels de guerre à destination de la Russie, le Conseil de l’Union européenne a décidé le 31 juillet 2014 de prendre des mesures restrictives en réaction aux actions de la Russie ayant un impact déstabilisant sur la situation en Ukraine. La France, qui a contribué à l’adoption de ces sanctions, se conforme au règlement n° 833/2014 du Conseil de l’Union européenne du 31 juillet 2014, qui interdit « de vendre, de fournir, de transférer ou d’exporter, directement ou indirectement, des biens et technologies à double usage, originaires ou non de l’Union, à toute personne physique ou morale, toute entité ou tout organisme en Russie ou aux fins d’une utilisation dans ce pays, si ces articles sont ou peuvent être destinés, entièrement ou en partie, à un usage militaire ou à un utilisateur final militaire. ». L’interdiction ne couvre pas les contrats ou accords conclus avant le 1er août 2014. La décision 2014/659 du 8 septembre 2014 du Conseil de l’Union européenne a en outre approuvé une liste de neuf entreprises russes qualifiées d’« utilisateurs mixtes » (civils et militaires) vers lesquelles les exportations de biens à double usage des Etats-membres de l’UE seront interdites, à l’exception des industries aéronautique et spatiale pour un usage final ou un utilisateur final non-militaires. S’agissant enfin de l’exportation vers la Russie de deux bâtiments de projection et de commandement (BPC) construits en France, le Président de la République a indiqué le 3 septembre que les conditions pour que la France autorise la livraison du premier BPC n’auraient pas été réunies si elle avait dû avoir lieu à cette date, compte-tenu des actions de la Russie dans l’est de l’Ukraine et malgré la perspective d’un cessez-le-feu. Il convient de rappeler que cette exportation, si elle devait être confirmée, respecterait le cadre des sanctions européennes en vigueur, s’agissant d’un contrat conclu avant le 1er août 2014.