Tribune : La France doit reconnaître l’Etat de Palestine

J’ai cosigné hier une tribune sur la reconnaissance de l’État palestinien par la France pour que les processus de négociation avancent au Moyen-Orient. La Suède vient de le faire et le parlement britannique a voté une résolution en ce sens. Il me semble important d’établir les conditions d’un échange officiel plus fort entre les deux territoires pour que la paix et la sécurité aient une chance de voir le jour.
La négociation d’égal à égal facilitera les choses, j’en suis convaincu. Toutes les autres initiatives pour créer les conditions d’une paix durable ont échoué, je pense notamment à Micheline Calmy-Rey, l’ancienne présidente de la Confédération helvétique, qui avait rassemblé des acteurs israéliens et palestiniens en Suisse en 2003 pour imaginer les contours d´une cohabitation inédite entre ces deux peuples.
Vous trouverez cette tribune publié sur Libération ci-dessous:

La France a une voix qui résonne sur la scène internationale. S’engager dans la reconnaissance de l’Etat Palestinien, ce serait poursuivre et accroître le mouvement international qui compte déjà 135 pays. En Europe, le 13 octobre, le Parlement britannique a voté une motion en faveur de cette reconnaissance. Plus important encore, il y a quelques jours, le gouvernement de la Suède a reconnu officiellement la Palestine comme Etat. Demain, d’autres pays de l’Union européenne emprunteront ce chemin. La France, patrie des droits de l’homme, se doit d’être un acteur majeur d’une résolution politique de ce conflit. Aujourd’hui, sa voix doit être encore plus forte.

L’été dernier, nous avons assisté impuissants à une nouvelle escalade de violences dans la région du Proche-Orient dont l’horreur et les conséquences sur les populations civiles étaient intolérables. Aujourd’hui encore, la tension est forte à Jérusalem-Est. Vingt et un an après les accords d’Oslo, le processus de paix est au point mort. Aucune avancée significative n’a été réalisée, parce que le rapport de force entre les deux parties est trop inégal. Le jour approche où le processus de colonisation rendra irréversible tout processus de paix. Nous sommes donc aujourd’hui convaincus qu’une paix juste et durable dans la région ne sera possible que par une solution négociée entre deux Etats indépendants. La France doit tenir des positions justes, et constater que les critères de droit international pour une reconnaissance de l’Etat de Palestine sont remplis.

Sans délai, le gouvernement français doit œuvrer en faveur d’un Etat de Palestine indépendant, démocratique, contigu et souverain, vivant dans la paix et la sécurité aux côtés d’Israël, sur la base des frontières de 1967 : deux Etats reconnus par l’ONU, avec Jérusalem comme capitale des deux Etats.

Par cette déclaration symbolique, la France choisirait le seul camp qui vaille, celui de la paix, de la justice et du droit international. Cette reconnaissance permettra à la Palestine d’avoir plus de poids dans ses discussions avec l’Etat d’Israël. Cela donnera également la possibilité aux Palestiniens d’accéder à un certain nombre d’instances internationales et pourra permettre la reconnaissance pleine et entière de la Palestine à l’ONU.

L’existence d’un Etat palestinien, fondé sur le respect du droit international et le refus de la violence, constitue la seule garantie durable pour la sécurité du territoire israélien et de sa population.

Aujourd’hui, nous, parlementaires, soutenons toutes les initiatives à l’Assemblée nationale, au Sénat et du gouvernement, en faveur du vote d’une résolution reconnaissant la Palestine comme un Etat. Nous appelons le gouvernement de la France à reconnaître la Palestine.

Signataires :

Sylviane ALAUX, députée des Pyrénées-Atlantiques

Pouria AMIRSHAHI, député des Français de l’étranger

Christian ASSAF, député de l’Hérault

Alexis BACHELAY, député des Hauts-de-Seine

Nicolas BAYS, député du Pas-de-Calais

Kheira BOUZIANE-LAROUSSI, députée de Côte-d’Or

Jean-Patrick GILLE, député d’Indre-et-Loire

Razzy HAMMADI, député de Seine-Saint-Denis

Benoit HAMON, député des Yvelines, ancien ministre

Bariza KHIARI, sénatrice de Paris

Chaynesse KHIROUNI, députée de Meurthe-et-Moselle

François LAMY, député de l’Essonne, ancien ministre

Arnaud LEROY, député des Français de l’étranger

Michel MENARD, député de Loire-Atlantique

Christophe PREMAT, député des Français de l’étranger

Gilbert ROGER, sénateur de Seine-Saint-Denis

Jean-Michel VILLAUME, député de Haute-Saône