Reconnaissance de l’État palestinien

1053437_londres-sommee-par-ses-deputes-de-reconnaitre-letat-de-palestine-web-tete-0203856867500C’est par un vote historique que l’Assemblée Nationale a voté le 2 décembre dernier une résolution portant reconnaissance de l’État palestinien. Un vote confirmé par le Sénat dernièrement après midi qui « invite le gouvernement à reconnaître l’État palestinien en vue d’obtenir un règlement définitif du conflit».

J’avais cosigné il y a plus d’un mois une tribune sur la reconnaissance de l’État palestinien par la France pour que les processus de négociation avancent au Moyen-Orient. Vingt et un ans après les accords d’Oslo, force est de constater que le processus de paix est au point mort. Aucune avancée significative n’a été réalisée parce que le rapport de force entre les deux parties est trop inégal. Face à l’aporie des négociations, il y avait un risque dramatique de céder à la résignation. C’est cette résignation qui pousse les populations civiles à se radicaliser et à commettre l’inacceptable.

Pour impulser une nouvelle dynamique, les Parlements et gouvernements d’Europe ont choisi de reconnaître la Palestine comme un véritable Etat, reconnu comme tel dans le concert des Nations. En Suède, le gouvernement du premier ministre social-démocrate, Stefan Löfven a adopté cette démarche, au Royaume-Uni et en Espagne ce sont les parlements à majorité conservatrice qui ont invité à la création de l’État palestinien, aux côtés de celui d’Israël. La semaine dernière, c’était au tour de l’Irlande par sa chambre haute d’adopter une motion demandant au gouvernement de Dublin de reconnaître un État palestinien. Attaché à la diplomatie européenne, j’ai choisi de voter en faveur de cette résolution suite aux positions concordantes des différents parlements européens. J’ai été en ce sens très sensible au discours de la nouvelle Haute représentante aux affaires étrangères de l’Union européenne, Mme Federica Mogherini souhaitant qu’existe un État palestinien à la fin de sa mandature. Cette dynamique lancée par l’Europe, berceau des droits de l’Homme et des Libertés Fondamentales, dépasse les clivages politiques entre la droite et la gauche. Elle démontre que la création d’un État palestinien va dans le sens de l’Histoire et que toutes tentatives d’obstruction seraient vaines et chimères. De la même manière que les empires coloniaux se sont délités à la fin de la seconde guerre mondiale, plus personne ne peut croire que l’on peut entraver le droit du peuple palestinien à l’autodétermination.

En donnant une nouvelle légitimité aux forces de gouvernement palestinien, les représentants des peuples nationaux européens ont posé une nouvelle pierre à l’édifice de la reconnaissance et de la coexistence des deux États avec pour capitale commune Jérusalem. Les résolutions des parlements britanniques, français et irlandais n’ont aucun pouvoir normatif. La reconnaissance d’un État est en effet une prérogative de l’exécutif. Le ministre des affaires étrangères, intervenant à l’occasion du débat parlementaire a clairement exprimé que la France reconnaîtra l’État palestinien. S’exprimant au nom du gouvernement, ces mots engagent la France : “La paix, nous en connaissons depuis longtemps les contours. Elle doit reposer sur l’existence de deux États souverains et démocratiques vivant côte à côte en paix et en sécurité sur la base des lignes de 1967. Une conférence internationale pourrait être organisée afin d’appuyer cette dynamique indispensable avec l’Union européenne, la ligue arabe et les membres permanents du Conseil de Sécurité. La France est disposée à en prendre l’initiative

Fort de ces nouveaux soutiens, je ne doute pas qu’une conférence pour la paix au Proche-Orient se tienne dans les deux prochaines années. Elle pourra alors transformer ces résolutions en réalité.