De Reykjavik à Londres, nous sommes Charlie

Dans la plupart des capitales mondiales, des solidarités spontanées se sont créées souvent à l’appel des associations citoyennes, des journalistes et plus généralement de la société civile. L’émotion a été partagée et le hashtag #je suis Charlie a été concrètement et physiquement remplacé par un « nous sommes Charlie ». Je pense justement à l’ouvrage du philosophe Bernard Stiegler, « aimer, s’aimer, nous aimer, du 11 septembre au 21 avril » où l’auteur tente d’esquisser une communauté humaine capable de se penser à la première personne du pluriel. Au fond, ce « nous », c’est l’espace public à construire et si les réseaux sociaux sont capables de contribuer rapidement à des rassemblements importants, il reste à construire un « nous » dans le temps. Il y a incontestablement un avant et un après le 7 janvier 2015, non pas tant par la réponse politique à apporter que par la remise en question. La liberté d’expression n’est pas seulement un cri à pousser, elle doit s’articuler à ces espaces publics qui s’effacent de plus en plus dans nos sociétés individualistes et repliées sur la sphère privée. Quelles réponses à apporter pour éviter que des centaines de jeunes ne basculent dans une radicalité absurde?

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C’est bien en ce sens que les manifestations de Trafalgar Square, de Stockholm, d’Helsinki, de Cork, de Galway, d’Oslo pour ne citer que celles-ci ont créé quelque chose de nouveau, une forme de solidarité internationale. Puissions-nous nous en inspirer pour répondre à toutes les formes de repli identitaires.

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