Peut-on rire de tout? – Echanges au Lycée français de Stockholm

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Cela pourrait être le sujet de l’épreuve de philosophie au baccalauréat, c’est la question que j’ai choisi de proposer à une soixantaine d’élèves de seconde du lycée français de Stockholm vendredi 16 janvier. Accueilli par le conseiller principal d’éducation Olivier Cureau, j’ai pu mesurer la réflexion des jeunes lycéens sur ce thème qui les concerne. Après des travaux en petits groupes, nous sommes arrivés sur des apories difficilement tenables. ”On peut rire de tout mais pas avec n’importe qui » est revenu comme un slogan. En même temps, difficile de demander le mode d´emploi du rire face à un mouvement spontané. Les élèves ont senti que la liberté d´expression ne se limitait pas au rire et qu’il pouvait y avoir une ambivalence dans la relation entre le rire et le respect des autres. La réception du rire n´est pas la même, car le rire reflète d’une certaine manière notre finitude. Et si rire de tout revenait à mettre en évidence l’absurdité du monde alors que les récits narratifs des religions tentaient d’y mettre du sens? Peut-on articuler l’expression d´un sentiment individuel à un espace public? Nous avons terminé ces échanges autour d´un enregistrement vidéo de Charb proposé par le CLEMI (Centre de Liaison et de l’Enseignement des Médias d’Information, http://www.clemi.org) où ce dernier s´exprimait sur cette question. Une séance riche qui révèle le fait que le questionnement critique est notre sésame. Puissions-nous protéger les disciplines à l’école qui suscitent et renforcent cet esprit critique.