Réunion de travail avec l’ambassade de Suède à Paris

Son Excellence Madame Veronika Wand-Danielsson a présenté le contenu de l’accord du 27 décembre entre les sociaux-démocrates et l’opposition pour éviter la tenue d’élections générales à la fin du mois de mars lors d’une réunion que j’ai organisé à l’Assemblée Nationale le 14 janvier. Elle était accompagnée de Monsieur Martin Rahm, ministre conseiller et de Madame Sara Keusen, conseillère presse.
Cette réunion s’est tenue en présence d’Isabelle Attard, présidente du groupe d’amitiés France-Suède et de Sara Abbas, Sara Byström et Christina Winroth, Suédois établis en France.

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Les élections parlementaires qui se sont tenues le 10 septembre 2014 ont conduit à une alternance politique en consacrant la victoire du parti social démocrate et de son allié écologiste. Le changement de majorité peut paraître surprenant au regard de la situation macroéconomique de la Suède puisque les finances publiques sont saines, que la croissance est présente et que les impôts ont diminué. Toutefois, ce dernier point a donné lieu à des controverses.

Il se trouve quatre raisons au fondement de cette alternance :

– L’usure du pouvoir qui s’est faite sentir en dépit du bilan macroéconomique ;

– La privatisation du secteur public qui fait craindre un affaiblissement de l’Etat providence ;

– L’immigration et l’intégration qui ont beaucoup profité à l’extrême droite ;

– La situation de sécurité dans la Baltique avec des violations régulières de l’espace aérien et maritime de la Suède par les forces russes.

La majorité issue des urnes s’est avérée trop faible en raison de la forte progression des Sverigedemokraterna. Dans ce contexte, la crise politique est survenue avec le vote du budget. Il existe en Suède un usage qui veut que l’opposition propose un contre-budget en réponse à celui présenté par la majorité. Or l’extrême droite a apporté son soutien à la proposition budgétaire de la coalition de centre-droit. Le gouvernement se trouve donc obligé de gérer les moyens financiers prévus dans le budget de l’opposition.

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En réponse à cette situation, Stefan Löfven a annoncé que des élections anticipées seraient organisées en mars 2015 si aucun accord n’était trouvé avant la fin de l’année. Cette manœuvre lui a permis de mettre la pression sur les partis d’opposition afin de trouver un accord pour éviter d’organiser de nouvelles élections. Il est en effet contraire à la tradition suédoise de convoquer des élections anticipées. Cela aurait été mal perçu par la population et aurait renforcé l’extrême droite. En outre, les Modérés auraient du conduire les élections sans leader en raison du départ de Fredrik Reinfeldt de la scène politique. La nouvelle présidente – Anna Kinberg Batra – a été critiquée pour avoir conclu cet accord politique censé courir jusqu’en 2022. Il semble toutefois peu probable que cet accord puisse tenir aussi longtemps.

Cet accord n’a pas fait l’objet d’une formalisation écrite. Il comprend trois points :

– Le parti qui recueille le plus grand nombre de voix sera assuré d’avoir le poste de Premier Ministre ;

– L’opposition conserve la faculté de proposer un budget alternatif mais ne peut pas mettre en danger le budget de la majorité. En outre, le vote se fera sur un budget global et non sur des sections budgétaires ;

– Des thématiques consensuelles ont été identifiées : l’énergie, la politique de défense, les retraites.

Toutefois, la coalition de centre-droit est désormais unie pour conduire une analyse des avantages et des coûts de la non-adhésion à l’OTAN. L’Alliance pour la Suède pourrait envisager une adhésion formelle à un système d’alliance.