Elections parlementaires estoniennes 2015

Le 1er mars se tiendront les élections parlementaires afin de pourvoir au remplacement des 101 membres du parlement estonien – le Riikigoku. La coalition actuellement au pouvoir – composée du parti de la Réforme et du parti social-démocrate – a réussi à surmonter les effets du choc économique violent qui a affecté le pays dans le sillage de la crise des subprimes. Le pays a renoué avec une croissance supérieure à 2% depuis 2014 et affiche un taux de chômage en nette diminution depuis le pic atteint en 2010. Toutefois, le chômage reste encore élevé et le niveau de protection sociale de la population est au cœur des préoccupations gouvernementales avec le relèvement du niveau des retraites.

La politique sociale est l’un des grands enjeux de la campagne électorale en cours. Le parti de la Réforme a ainsi axé son programme autour d’un élargissement de l’assiette fiscale à des ménages actuellement exemptés. Son programme porte également sur un soutien accru à la politique de natalité et une réduction des cotisations sociales employeur de 2 points. Le parti social-démocrate demande pour sa part une augmentation du salaire minimum à 800€ en 4 ans assorti d’une réduction des cotisations sociales employeur de 3 points. Le parti Pro Patria – Res Publica demande quant à lui une exemption de l’impôt sur le revenu pour les ménages qui perçoivent moins de 500€ par mois. Le parti du Centre demande quant à lui de porter le SMIC à 1000€ par mois.

La politique de sécurité pèse lourdement sur les élections en raison du voisinage avec la Russie dont les agissements en Ukraine font planer une menace sur l’ensemble des anciennes républiques soviétiques. Les Etats baltes ont ainsi été affectés par l’embargo que Moscou a décrété à l’égard des importations en provenance de l’Union européenne. En outre, un récent sondage laissait apparaître que 5% des Estoniens pensent qu’une guerre avec la Russie se produira et 21% pensent qu’un conflit armé serait possible.

Le contexte international dessert le parti du Centre qui représente la minorité russophone estonienne. Le parti de la Réforme a ainsi exclu toute alliance avec le parti du Centre estimant que son alignement sur Moscou en faisait un parti contraire aux intérêts estoniens. Le parti social-démocrate estime également que la désignation d’Edgar Savisaar comme chef de file du parti du Centre le disqualifie comme partenaire de coalition. Il a également indiqué qu’il n’envisageait pas de former une coalition avec le parti Pro Patria – Res Publica.

Les derniers sondages indiquent que le parti de la Réforme pourrait finir en tête lors de ces élections mais qu’il devrait perdre des sièges en raison de l’entrée au Parlement de nouvelles formations politiques. A l’heure actuelle, la reconduction de la coalition actuelle semble être la solution la plus probable même si cette dernière n’est pas assurée d’emporter la majorité.