Elections parlementaires finlandaises 2015

Le_Parlement_finlandais_(Helsinki)
Le 19 avril se tiendront les élections parlementaires finlandaises afin de pourvoir au remplacement des 200 membres de l’Eduskunta. Ces élections se déroulent dans un contexte politique marqué par la fin de la coalition arc-en-ciel qui a associé l’ensemble des partis politiques à l’exception du parti des Vrais Finlandais et du parti du Centre de 2011 à 2014. Le retrait de l’Alliance de gauche et des Verts en 2014 a toutefois réduit la majorité actuelle qui ne dispose ainsi de la majorité absolue que d’une seule voix puisque le Président du Parlement ne peut pas participer au vote.

La vie politique finlandaise est encore marquée par la récession qui dure depuis 2012 et dont le pays devrait enfin sortir cette année. La Finlande qui a connu une très forte contraction de son PIB en 2009 avec une diminution de 8,3% tarde à retrouver un sentier de croissance. Le chômage a progressé sans perspective d’amélioration à court terme et le solde budgétaire est négatif. L’endettement public a ainsi fortement progressé même s’il reste contenu à un niveau modéré à 56%. Les enjeux du scrutin porteront ainsi principalement sur la politique économique la plus appropriée. La relation avec la Russie constitue également l’une des toiles de fond de ce scrutin en raison notamment des nombreuses violations de l’espace aérien finlandais par l’aviation russe. Une fraction de la classe politique finlandaise envisage ainsi un rapprochement avec l’OTAN.

Les sondages d’opinion donnent actuellement le Parti du Centre en tête avec 26% des intentions de vote. Il profite de l’érosion électorale du Parti de la Coalition nationale qui est l’actuel pivot de la coalition gouvernementale et pourrait ainsi quitter l’opposition dans lequel il se trouve depuis sa défaite aux dernières élections. Le parti de la Coalition nationale pourrait même se retrouver en troisième position à l’issue des élections passant derrière le parti social-démocrate. Celui-ci fait campagne autour de l’emploi, de la justice sociale et de la protection des travailleurs et pourrait constituer l’un des grands acteurs de la prochaine coalition gouvernementale. Le Parti social démocrate et le Parti de la Coalition nationale sont en effet crédités d’environ 17% des intentions de vote. Le parti d’extrême droite des Vrais Finlandais, qui s’est rebaptisé parti des Finlandais, est lui crédité de 14% des intentions de vote. L’Alliance de gauche et les Verts constituent les deux autres principales forces politiques finlandaises. Elles sont créditées d’un peu plus de 8% des intentions de vote chacune. Le parti populaire suédois de Finlande et le parti chrétien-démocrate constituent les deux dernières forces politiques susceptibles de rentrer au Parlement et sont crédités d’environ 4% des voix.

Le départ de l’Alliance de gauche et des Verts a souligné l’usure de la coalition gouvernementale au pouvoir. La perspective d’une grande coalition semble improbable et il apparaît désormais que le Parti du Centre sera le pivot de la prochaine coalition gouvernementale. Il pourrait aspirer à former une coalition avec le Parti de la Coalition nationale ou avec le Parti social-démocrate avec l’apport d’un troisième parti. Il semble toutefois difficile de réunir le Parti du Centre, le Parti de la Coalition nationale et le Parti social-démocrate au sein d’une même coalition gouvernementale à moins que le Parti des Vrais Finlandais n’obtienne des résultats bien supérieurs à ceux dont il est actuellement crédité. Ce dernier pourrait toutefois constituer la surprise du scrutin dans la mesure où les Finlandais subissent la récession économique et font preuve de peu d’empathie et de solidarité envers les pays méditerranéens de la zone euro.

Afin d’assurer la pleine participation de la Finlande au projet européen et lui donner une coalition gouvernementale attentive aux questions sociales, il est important que les binationaux prennent part au vote. C’est pourquoi j’invite tous les Français qui peuvent participer à ce scrutin à se mobiliser et à se rendre dans les bureaux de vote.