Visite du lycée français de Stockholm

Le 6 février dernier, je me suis rendu au lycée français de Stockholm pour y rencontrer le personnel de direction et les représentants des personnels enseignants et pour y tenir une permanence parlementaire. J’ai été accueilli par la proviseure Sophie Maraux et la directrice de l’école primaire Elsa Rodriguez. Ce fut l’occasion d’échanger autour des transformations du lycée français depuis la rentrée. En effet, en 2012 la commune de Stockholm avait demandé à ce que la maternelle du lycée Saint-Louis puisse s’adapter au programme suédois. Cette situation avait généré des inquiétudes, mais en réalité elle était logique au regard des habitudes qui avaient été prises depuis 1993, date à laquelle la maternelle avait été homologuée et où la commune versait des subventions en vue d’un fonctionnement à la suédoise. L’administration communale chargée de l’éducation (Utbildningsförvaltningen) a donc souhaité vérifier que la subvention correspondait bien à un fonctionnement à la suédoise. L’année 2012-2013 a été alors marquée par une période de réflexion avec trois options se présentant, la fermeture de la maternelle (il y avait 120 enfants scolarisés de la petite à la grande section), la maternelle devenant exclusivement française avec de facto la perte des subventions suédoises et l’affectation du budget et du profil du lycée en sa totalité et la création d’une maternelle bilingue. En 2013, une nouvelle responsable de l’éducation primaire est nommée à la commune de Stockholm (Förskolechef) et c’est finalement une maternelle suédoise qui a ouvert ses portes en 2014. Les locaux sont partagés avec cette école suédoise et pour l’instant la solution n’est pas satisfaisante d’une part parce que le bilinguisme n’est pas réel et d’autre part parce que le partage des locaux n’est pas toujours simple. Il existe clairement une incompatibilité de la mise en application des deux programmes parallèles, le système suédois privilégiant uniquement le développement de compétences sociales là où le système français évalue un certain nombre d’objectifs pédagogiques à atteindre. Le lycée français est le fruit d’une convention entre l’AEFE et une fondation de droit local gérant cette subvention. L’AEFE s’occupe de la partie pédagogique et du personnel français tandis que le Conseil d’Administration de cette fondation se prononce sur les questions immobilières et pratiques. Mesdames Maraux et Rodriguez m’ont fait part de l’insatisfaction présente quant à la présence de cette école maternelle suédoise alors que les listes d’attente s’allongent et que la demande est forte d’avoir une école maternelle davantage bilingue et en phase avec les programmes français. Cela pose un problème pour l’accueil des enfants en classe de CP puisque certains enfants issus de cette maternelle risquent de ne pas le niveau requis pour suivre les enseignements en classe de CP. La jonction entre förskola et CP est bel et bien à repenser. Y a-t-il matière pour avoir l’équivalent du plan école anglais en Suède afin de réunir les acteurs du système éducatif francophone? C’est une question qui mérite réflexion avant de proposer de nouvelles pistes réelles.

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J’ai pu assister à la remise des prix d’un concours de poésie au Centre de Documentation et d’Information du lycée en présence de la documentaliste Anne Ruchaud. Ce fut l’occasion de saluer les efforts d’innovation pédagogique de ce lycée. J’ai rencontré les représentants des personnels résidents et locaux, respectivement Eric André et Stéphanie Crozon. Ils m’ont fait part des années difficiles qui se sont achevées avec un retour à la sérénité en ce qui concerne les relations avec le Conseil d’Administration. Le nouveau Conseil d’Administration et le Conseil d’Etablissement se montrent à l’écoute des besoins des personnels.

Les conditions d’enseignement au CP ne sont pas évidentes avec des publics très hétérogènes et une partie des enfants qui n’atteint pas toujours les objectifs du programme français. Le représentant des personnels résidents a insisté sur la difficulté à assurer la rotation des temps partiels dans un pays où il existe une attention particulière sur les congés parentaux. Eric André a également fait part d’une difficulté réelle consistant à emprunter auprès d’une banque suédoise avec le statut de résident, question qui pourrait se poser pour tous les personnels résidents de l’AEFE. Stéphanie Crozon a quant à elle souligné la difficulté de la situation des contrats locaux et la limitation dans les perspectives de carrière. La visite s’est achevée par une permanence parlementaire accueillant des parents soucieux d’assurer un avenir francophone à leurs enfants.