#3 Portraits des Français de l’étranger

Pour le troisième portrait de la série « Portraits des Français de l’étranger« , nous partons au Royaume-Uni à la rencontre d’une Française qui s’est établie à l’étranger juste après son diplôme.

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1/ Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer à l’étranger?

Arrivée en Angleterre dans le cadre de mes études pour un stage, je suis restée pour le travail. En tant que jeune diplômée, sans expérience (les connaissances acquises en stage sont beaucoup moins bien reconnues au Royaume-Uni) et venant d’une université de province et non « prestigieuse », je n’avais que peu de chance. Et pourtant, j’ai trouvé en 3 mois ! Je suis installée au Royaume-Uni depuis 10 ans maintenant. Je suis restée pour la carrière mais aussi car j’ai épousé un anglais.

2/ Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui  et la relation que vous entretenez avec le pays dans lequel vous vivez ?

Au Royaume-Uni, j’ai pu avoir une bonne carrière dans le marketing. Je n’aurais pas eu de telles opportunités en France. Les Anglais reconnaissent surtout les acquis de l’expérience professionnelle et peu ceux des études. La reconnaissance se fait par le travail accompli et ce que l’on a prouve savoir faire (même si cela n’a rien a voir avec son diplôme d’origine). Mon français et mon côté international m’ont un peu servi mais pas autant qu’on peut le penser. Parler français est devenu commun maintenant…

Sur le plan personnel, je me suis mariée avec un anglais, nous avons acheté une maison en Angleterre et nous avons comme projet de rester encore quelques années, avant un retour possible.

J’aime l’Angleterre et j’ai réussi à me faire un bon cercle d’amis mais la France me manque tout de même avec son soleil, sa nourriture et le système de santé… Au Royaume-Uni, je fais peu confiance à leur système de santé.

3/ Quelles sont les spécificités locales de votre pays d’accueil qui pourraient être les plus bénéfiques à transposer en France ?

– Le côté entrepreneurial : on peut monter une boîte facilement et les charges ne sont pas démesurées. La réussite est bien perçue. Ici, on récompense le travail acharné et les bonnes idées.

– La reconnaissance des emplois manuels (plombier, électricien, travailleur du bois, etc): on peut très bien vivre avec ces métiers et ils sont bien vus.

– Le système scolaire qui récompense au lieu de dénigrer : les enfants sont toujours encouragés et il n’y a pas de rapports négatifs et cassants comme en France. Dans le système scolaire, la spécialisation est plus rapide. Même si je considère qu’un tronc commun est nécessaire pour acquérir une bonne culture générale, le fait de pousser les enfants vers ce qu’ils aiment en les encourageant peut leur permettre d’avoir mieux confiance en eux (la sensibilité artistique est beaucoup plus encouragée qu’en France).

– La décentralisation : Londres n’est pas le centre du Royaume-Uni !

4/ Qu’est-ce que vous apporte le fait d’être Français dans votre pays d’accueil ?

Vivre à l’étranger en étant Française m’apporte de nombreux bénéfices :

  • la richesse du multiculturalisme, une plus grande ouverture d’esprit et une compréhension des autres et de leurs différences ;
  • une plus grande tolérance et une compréhension de ce que veut dire être « étranger » dans un pays ;
  • la capacité d’enrichir mon environnement anglo-saxon de mon fonctionnement à la française et vice versa : j’ai la possibilité de m’enrichir d’une autre manière de penser et faire ;
  • une plus grande compréhension de la France et une meilleure « critique » dépassionnée du système français vu au travers du regard des britanniques.