Visite du Président dans les Caraïbes – Université des Antilles –

une._hollande
Le Président de la République effectue depuis vendredi 9 mai une tournée de cinq jours dans les Caraïbes
, qu’il a commencé dans les collectivités d’outre-mer (COM) de Saint-Barthélemy et Saint-Martin, avant de se rendre en Martinique et en Guadeloupe où il a évoqué notamment la mémoire de l’esclavage et le climat, avant une visite diplomatique historique à Cuba, et Haïti.

1/ Depuis le 1er janvier 2008, Saint-Barthélemy et de Saint-Martin sont des collectivités d’outre-mer, et non plus communes et liées à la Guadeloupe. Ainsi, à Saint-Barthélemy, le chef de l’Etat au contact des élus et des forces vives, a proposé un « compromis » afin de régler un contentieux fiscal entre l’Etat et la collectivité, depuis son changement de statut : « soit un effort de 20 M€ ». « L’autonomie, ça ne veut pas dire que la solidarité nationale a disparu » (PR, 08/05/15). C’est pourquoi il a évoqué à Saint-Martin l’adaptation des règles concernant le RSA, pour les finances de la collectivité, le renforcement du contrôle de l’immigration et du nombre de gendarmes mobiles et la création d’une chambre détachée du tribunal de grande instance de Basse-Terre.

2/ En Martinique et Guadeloupe, seconde étape de ce déplacement. Le Président de la République s’est recueilli sur la tombe d’Aimé Césaire décédé en 2008, « un homme exceptionnel qui a embrassé les causes de la justice et de l’émancipation ». « A la fois poète [et] écrivain, [il a été] aussi un homme politique qui a changé la Martinique et l’ensemble des Antilles. […] Il n’était pas imaginable de venir [ici] sans » lui rendre hommage (PR, 09/05/15). Après l’Appel de Manille lancé aux Philippines en février dernier, le Président de la République a poursuivi son action en Martinique avec l’appel de Fort-de-France, appel de mobilisation et d’écoute à l’égard des pays en développement et des états insulaires les plus touchés par les effets du réchauffement climatique. Aussi, le sommet « Caraïbe Climat », premier du genre, a permis de faire converger les efforts et la coopération  pour mettre en œuvre des solutions concrètes, dans le domaine des énergies renouvelables ou de l’aménagement littoral par exemple. Une trentaine de délégations de toute la Caraïbe étaient présentes. « Cette année les dommages causés par les désordres climatiques sont d’ores et déjà évalués par le GIEC à 2 000 Md$, dont 600 Md$ pour la seule Caraïbe », alors que ces pays ne contribuent qu’à hauteur de 0,3% aux émissions de gaz à effet de serre (PR, 09/05/15). L’importance du mécanisme Fonds vert a été soulignée : il devra « à l’horizon 2020 rassembler 100 milliards de dollars ». Le chef de l’Etat a proposé la création d’une coalition des Etats de la région pour renforcer leur système d’alerte contre les catastrophes naturelles, et également à l’occasion de la COP21 à Paris le « large » renforcement du « fonds Caraïbe pour les catastrophes naturelles ». Alors que le 1er janvier 2016 la Martinique changera de statut en collectivité unique au statut particulier avec une assemblée et un exécutif collégial, l’Etat « accompagnera loyalement, sincèrement, fidèlement […] en mettant les moyens administratifs et réglementaires » (PR, 09/05/15). « Les derniers textes d’application qui manquent encore » seront publiés « sans tarder ». Par ailleurs, le gouvernement soutiendra une proposition de loi qui permettra d’« accroître l’action des collectivités ultramarines dans l’action diplomatique ». Ainsi, « la collectivité sera autorisée à signer des accords avec les Etats voisins dans leur domaine de compétence », permettant notamment de « faciliter tous les mouvements inter caribéens (politique de visa et d’accueil de talents) ».

3/ S’agissant de l’Université des Antilles, l’« union entre la Guadeloupe et la Martinique » est nécessaire, pour un meilleur fonctionnement. « Il faut faire vivre l’unité » entre ces deux entités. Aussi, « 750 000 euros seront apportés pour cette université ». La création de deux IUT, un dans chaque île a également été annoncée. Enfin, le Président de la République a annoncé la création d’une « 3e école régionale de la 2e chance […] à laquelle l’Etat apportera 700 000 euros ». Le Président de la République a annoncé que la Martinique et la Guadeloupe seraient dotées chacune d’un cyclotron, équipement de pointe dans le diagnostic du cancer, auxquelles l’Etat apportera sa participation. « N’opposons pas une île à une autre, chacun a besoin d’avoir son équipement » (PR, 09/05/15). Il a par ailleurs confirmé le financement intégral du futur CHU à hauteur de 600 M€. Enfin, « une loi sur l’égalité réelle devra […] parvenir dans un délai raisonnable, sans doute plusieurs années, à atteindre [l’] objectif » d’égalité réelle en outre-mer, de mise à niveau avec l’Hexagone sur les questions de développement et de richesse. « Une mission parlementaire pour définir les contours de ce futur texte » est confiée à Victorin Lurel (PR, 09/05/15). Enfin, le chef de l’Etat a annoncé la candidature de la France pour la tenue en 2021 des Jeux de la Francophonie. La Guadeloupe en sera le territoire hôte.

Je me félicite de cette visite et de ces annonces avec un intérêt particulier pour la question de l’Université des Antilles. Dans mon rapport de février dernier, j’ai insisté sur la nécessité de dégager une vision commune pour ne pas régresser à des établissements d’enseignement supérieur de taille modeste. Je suis heureux de voir que l’avenir de cette Université ait été évoquée, j’espère vivement que l’articulation des deux îles sera effective pour l’avenir commun de cette université.