Compte-rendu de mon déplacement à Oslo du 14 au 17 mai

Je me suis rendu à Oslo du 14 au 17 mai pour rencontrer les acteurs de notre système éducatif et culturel et pour célébrer la fête nationale norvégienne.

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Dans un premier temps, j’ai échangé avec Monsieur l’Ambassadeur Jean-Marc Rives au sujet des relations franco-norvégiennes et le rôle de la diplomatie de terrain entre les associations et les entreprises. Le groupe d’amitié France-Norvège de l’Assemblée Nationale sera présent en Norvège du 2 au 4 juin. Chaque député sera accompagné d’entreprises de sa circonscription afin de nouer des relations et éventuellement trouver des partenaires commerciaux. C’est le sens concret de la diplomatie économique et je trouve que chaque groupe d’amitié du Parlement pourrait être investi de cette mission. Avec le conseiller de coopération et d’action culturelle et directeur de l’Institut français de Norvège, Frédéric Remay, et le proviseur du Lycée français d’Oslo, Christophe Nerrand, nous avons évoqué les grands sujets de la coopération éducative. Stéphane Mukkaden, conseiller consulaire en Norvège, m’a rejoint pour m’accompagner tout au long de cette journée.

Ma visite s’est ensuite poursuivie au Lycée où le proviseur et le comité de gestion m’ont présenté l’état des lieux et les défis de l’extension du Lycée. En effet, la convention avec l’AEFE et les subventions de l’État norvégien impliquent un mode de gouvernance original puisque le Lycée fonctionne avec des programmes respectant les blocs de compétence français et le droit local norvégien. Le proviseur a insisté sur le travail que cela impliquait. À titre d’exemple, le Lycée reçoit des subventions pour l’enseignement du norvégien pour le primaire et le collège. En réalité, cet enseignement est assuré au-delà de ce qui est requis puisque le norvégien est enseigné de la maternelle jusqu’au lycée, preuve que nous sommes totalement sur une démarche de bilinguisme. Dans cette école, 75% des enfants ont la nationalité norvégienne en comptant les binationaux. Cela prouve encore une fois la manière dont les Lycées français à l’étranger touchent également la population du pays d’accueil.

Ces Lycées sont les avant-gardes de notre coopération éducative qu’il ne faut pas sacrifier. Je refuse les discours démagogiques selon lesquels notre réseau est à bout de souffle; l’AEFE réalise un travail formidable et intelligent financé par le denier public, il ne faudrait pas fragiliser ce système en ouvrant des partenariats privé-public non maîtrisés. Je me suis exprimé à plusieurs reprises sur l’ouverture du Lycée de Wembley à Londres. J’estime que c’est une piste intéressante, mais qu’elle ne doit en aucun cas fragiliser l’équilibre et l’image du Lycée Charles de Gaulle. On ne pourra pas scolariser toutes les familles françaises en Grande-Bretagne, ce n’est pas l’objectif de l’AEFE. En revanche, on pourra favoriser la mixité sociale grâce au système de bourses et pérenniser notre influence sur le système local. Le Lycée de Wembley a des coûts légitimes, mais si l’extension de l’offre éducative française s’effectue au détriment de sa stabilité, l’approche a des limites. En ce sens, la « théorie du chèque à 1000 euros pour chaque famille » n’a aucun fondement et n’est pas égalitaire. Ce n’est pas au contribuable de financer partiellement l’extension de Lycées en partie privés. L’État doit penser son action extérieure pour mettre les moyens sur les établissements susceptibles de contribuer au rayonnement de notre action éducative. C’est dans ce sens que j’agis au sein du Conseil d’Administration de l’Agence de l’Enseignement pour le Français à l’Étranger.

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Le Lycée Français d’Oslo s’oriente vers une relocalisation partielle de la partie collège/ lycée en 2019 avec l’école allemande, l’Université d´Oslo et le soutien des pouvoirs publics norvégiens (le projet de « Blindern »). Cette colocalisation fait l’objet d’un travail régulier, le mode de gouvernance sera à construire en amont et faire consensus pour que le projet avance. Le proviseur a été par la suite le guide d’une visite approfondie des locaux avec le gymnase, la section des archives, les salles de professeurs, le laboratoire expérimental, la salle de sciences physiques et de chimie. Plusieurs élèves du lycée se sont rendus à Svalbard dans le cadre d’un projet pédagogique et y ont fait des photographies qui sont exposées dans le lycée. Je suis admiratif d’une gestion rigoureuse alliant contraintes locales et objectifs pédagogiques.

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Après avoir rejoint Isabelle Monceyron, délégué du personnel au lycée, j’ai poursuivi ma visite en m’entretenant avec les membres du club junior francophone qui s’est créé autour d’un programme FLAM. J’ai été accueilli par la présidente Cécile Cardoletti et par son suppléant Fabrice Eroukhmanoff, également membre de Français du Monde en Norvège. L’ambition de ce club est de développer des activités en français certains samedis pour des parents qui habitent dans la région d’Oslo. Les enfants socialisent à l’oral en jouant avec des temps collectifs aménagés par un animateur pendant que les parents se rencontrent. Il s’agit d’éveiller l’intérêt pour la langue française chez des publics binationaux.

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Avec Stéphane Mukkaden, nous avons visité le Parlement norvégien qui vient de supprimer le Sénat en 2009. Le bâtiment a été créé en 1966, la salle qui servait au Sénat est aujourd’hui utilisée pour des réunions extraordinaires. 169 députés siègent au Parlement norvégien, ils sont répartis non pas par couleur politique mais par région géographique. On peut y trouver un vase symbolisant un don du groupe parlementaire français. À noter que la première députée norvégienne Anna Rogstad a été élue en 1911, deux ans avant le droit de vote des femmes dans ce pays.

Nous avons poursuivi nos échanges avec Frédéric Remay et son équipe à l’Institut français d’Oslo avec une présentation complète des activités de l’Institut et ses défis pour l’avenir. Dans le jardin de l’Institut se trouvait un hôtel à abeilles correspondant à la contribution de l´Institut à la COP 21.

Agnès Arquez-Roth, attachée culturelle de l’Institut Français d’Oslo, nous a décrit une stratégie culturelle pluriannuelle extrêmement intéressante et ambitieuse. La culture est pensée comme support relationnel entre la Norvège et la France, elle est un vecteur anthropologique. Cette présentation se décline selon des projets bien précis et toujours menés en coopération avec les partenaires norvégiens. Catherine Macquart-Martin, attachée de coopération pour le français, a exposé les actions de coopération pour la promotion du français en Norvège avec un kit pédagogique adapté au bilinguisme.

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J’ai tenu une réunion publique sur le bilan de la première année de mon mandat et j’ai eu le plaisir de rencontrer à cette occasion Matthieu Pinard, président de Français du Monde en Norvège, et Natacha Blisson, vice-présidente de Français du Monde en Norvège. Nous avons échangé avec les personnes présentes autour de la politique, de l’Europe, de la montée des nationalismes et de la fiscalité. J’ai été très heureux de constater l’écho donné à la série des portraits des Français établis en Europe du Nord.

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Le 17 mai est le jour de la fête nationale norvégienne. Tous les citoyens norvégiens défilent en costume dans les rues. J’ai participé au lever du drapeau au Lycée français d´Oslo en présence du premier conseiller de l’Ambassade, du directeur de l’Institut, du proviseur et du président du comité du 17 mai chargé des préparatifs de la cérémonie. A cette occasion, je me suis exprimé sur la francophonie du nord qui prend tout son sens au Lycée français d’Oslo. La fanfare de l’école s’est produite avant que nous empruntions le défilé jusqu’à la forteresse d’Oslo. Le défilé de la fête nationale est composé d’écoles norvégiennes qui se succèdent. L’éducation et la jeunesse y sont à l’honneur.

Cette visite m’a fait comprendre combien il était important d’investir sur le désir de France dans ce pays. Il existe une francophonie pudique qui ne demande qu’à être renforcée pour pouvoir construire une amitié durable entre nos deux nations.