#6 Portraits des Français de l’étranger

Suite à des retours très positifs sur ce projet de publication des portraits des Français de l’étranger, la série continue et nous découvrons aujourd’hui le portrait d’un Français installé dans la ville de Glasgow.
P6
1/ Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer à l’étranger?

Lorsque j’ai obtenu mon doctorat en France à la fin de l’année 2001, on m’a encouragé à développer mon expérience de recherche à l’étranger. J’ai décidé de partir dans un pays anglophone avec ma femme qui était elle-même professeur d’anglais. Nous nous sommes installés en 2002 au Pays-de-Galles, pensant rester à l’étranger pour une période de 2 à 5 ans… Nous ne sommes finalement pas revenus en France.

2/ Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui  et la relation que vous entretenez avec le pays dans lequel vous vivez ?

Après mon post-doctorat au Pays-de-Galles, j’ai obtenu un poste d’enseignant-chercheur à l’université de Glasgow, en Écosse. Nous avons maintenant deux enfants nés sur le territoire britannique, parfaitement bilingues. Nous sommes tous très à l’aise dans ce pays, et en particulier dans cette superbe ville de Glasgow. Nous aimons beaucoup l’accueil chaleureux des écossais, les paysages de cette région, et même le climat nous convient! Nous nous sentons très bien intégrés, même si nous conservons notre identité de Français, avec nos spécificités.

3/ Quelles sont les spécificités locales de votre pays d’accueil qui pourraient être les plus bénéfiques à transposer en France ?

J’aime plaisanter au sujet des britanniques en disant qu’ils n’ont pas inventé l’eau chaude, en faisant référence aux douches électriques qui se trouvent dans presque toutes les salles de bain du pays ! En revanche, les britanniques sont les maîtres incontestés de la bouilloire électrique, et j’aimerai que cet accessoire soit plus présent partout en France…

En dehors de la bouilloire électrique, je suis, comme tant d’autres témoins sur ce blog, admiratif devant la simplicité du système d’impôts comparé à celui de la France. Pas de déclaration à remplir, et les impôts sont prélevés directement à la source. Il me semble que si l’administration française le voulait vraiment, ce changement serait possible, et certainement très bien reçu en France.

Même si le Royaume-Uni et la France sont proches sur de nombreux points, il reste néanmoins un grand nombre de différences culturelles et sociétales qui rendent toute transposition bien difficile, voire vouée à l’échec. Toute la difficulté se trouve dans le fait que chaque réforme tentant de s’inspirer de ce que fait tel ou tel pays dans un domaine particulier aboutit souvent à un effet qui n’était pas celui escompté. On prend un petit bout de ceci et un petit bout de cela d’un autre système, on le colle tant bien que mal dans notre système qui est l’héritier d’une histoire, d’une culture, d’une mentalité spécifiques, et on obtient quelque chose d’un peu bancal, toujours pas parfait, avec ses nouveaux problèmes.

Ce que je souhaite, c’est que nos deux pays continuent de s’aider le plus possible, tout en respectant les spécificités de chacun.

4/ Qu’est-ce que vous apporte le fait d’être Français dans votre pays d’accueil ?

Être expatrié m’a fait réaliser combien il peut être difficile de s’intégrer pleinement dans un autre pays que le sien, car cela implique de laisser une partie de soi dans son pays d’origine, et d’accepter d’autres codes, d’autres valeurs.

Les Français sont plutôt bien vus et bien reçus en Écosse, et nous bénéficions de « l’aura » de la France concernant la qualité et la diversité de sa cuisine. La langue française est généralement bien appréciée, et on me glisse volontiers quelques mots en français dans certaines conversations avec un petit clin d’œil, ou un geste gêné pour me faire comprendre qu’on a oublié tout le français qu’on avait appris à l’école !

Depuis mars 2015 (mois du 20e anniversaire de la Semaine de la Langue Française et de la Francophonie), j’ai initié, avec le soutien de l’Alliance Française de Glasgow, un Café Scientifique qui se tient en français. Les premiers échos sont très positifs, aussi bien de la part de la communauté française et francophone que de la part des francophiles. Cette aventure n’en est encore qu’à ses premiers pas, mais elle m’a montré que je peux contribuer à mon échelle à faire rayonner notre langue et notre culture en utilisant ma passion pour la recherche et pour la vulgarisation scientifique.