#7 Portraits des Français de l’étranger

Pour le septième portrait du projet « portraits des Français de l’étranger« , nous allons à la rencontre d’une Française installée en Suède depuis 18 ans et présidente de l’Ecole Buissonnière, association FLAM, qui offre la possibilité aux enfants bilingues de développer et d’approfondir la pratique de la langue française.

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1/ Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer à l’étranger?

Je vivais aux Etats Unis depuis 2 ans avec un ami français qui faisait son post-doc dans une université américaine. Nous étions en partance pour l’Australie, mais les essais nucléaires de Mururoa en ont décidé autrement. Il ne m’a pas été possible d’obtenir un visa de travail car le climat diplomatique entre la France et l’Australie s’était détérioré. Mon choix s’est porté, au hasard, sur la Suède où les procédures administratives sont, en tant que pays européen, simplifiées. J’ai rapidement trouvé un travail dont le contenu était très motivant et après quelques années, j’ai décidé de m’investir dans ce nouveau pays.


2/ Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui  et la relation que vous entretenez avec le pays dans lequel vous vivez ?

Je suis arrivée en Suède en 1997 et j’ai travaillé d’abord pour le Crédit Lyonnais, puis la Dresdner Bank et depuis 1999 je suis employée à la Skandinaviska Enskilda Banken SEB où j’ai eu différents postes aussi bien en tant que spécialiste que manager à différents niveaux. Je fais maintenant partie de la CIO Office des Operations et je me plais énormément dans mon travail. L’apprentissage du suédois a été une clé essentielle dans mon intégration sociale et ma progression professionnelle en plus de mon bagage d’études en grande école de commerce française.

Je suis mariée depuis 2005 avec un suédois et j’ai deux enfants de nationalité franco-suédoise qui sont totalement bilingues. A la maison, je parle français avec mes enfants et suédois avec mon mari.

Je suis également présidente de l’Ecole Buissonnière, une association qui permet aux enfants bilingues de continuer à développer leurs connaissances de la langue et de la culture française un après-midi par semaine, tout en allant dans une école suédoise le reste de la semaine.

Pour moi la Suède est le pays où je vis et où j’ai mes amis et mon réseau professionnel. Je visite régulièrement ma famille en France et j’ai plaisir à naviguer entre les deux cultures en intégrant ce que je considère être le meilleur des deux mondes ! Je suis très fière d’être française et je cultive cette richesse avec soin. Quand la question de l’acquisition d’un passeport suédois est évoquée, je suis farouchement opposée au fait de perdre ma nationalité française et si je saute un jour le pas ce sera en gardant les deux nationalités.

3/ Quelles sont les spécificités locales de votre pays d’accueil qui pourraient être les plus bénéfiques à transposer en France ?

Les relations professionnelles sont majoritairement non compétitives et la hiérarchie au sein de l’entreprise est plus plate qu’en France. La cohésion sociale y est forte et la fraude à l’encontre de l’Etat n’est pas un sport national. La grogne générale pour le plaisir de ronchonner et la critique systématique des mesures gouvernementales n’est pas un trait dominant de la société suédoise. Ce climat positif et détendu est quelque chose que j’apprécie beaucoup.

4/ Qu’est-ce que vous apporte le fait d’être Français dans votre pays d’accueil ?

Le fait d’être française en Suède me donne une capacité supplémentaire pour interpréter les événements nationaux et internationaux où la liberté d’expression, la douceur de vivre et la richesse culturelle sont des clés majeures. Dans mes rapports de tous les jours le fait d’être française m’ouvre généralement des portes du fait de notre réputation de bonne éducation et de bon goût, notre présence culturelle internationale et notre rayonnement économique certain.