L’engagement européen contre les néonicotinoïdes

A la suite de publications récentes sur les insecticides néonicotinoïdes, le Gouvernement demande à la Commission européenne de respecter ses engagements relatifs au réexamen de toutes les substances actives néonicotinoïdes utilisables dans des produits phytopharmaceutiques. Sur la base d’éléments objectifs démontrant des troubles des colonies d’abeilles causés par ce produit, Stéphane Le Foll avait retiré le Cruiser OSR sur Colza dès juin 2012, qui contenait du thiaméthoxam, substance active néonicotinoïde. A la suite de ce retrait, la Commission européenne a, sur demande de la France, rouvert l’évaluation des risques pour les pollinisateurs de trois substances néonicotinoïdes : clothianidine, imidaclopride et thiaméthoxam.

Cette réévaluation l’a conduite à adopter en mai 2013, des restrictions d’usages importantes pour les produits contenant ces trois substances. Pour rappel, sont désormais interdites, dans l’Union européenne, les pulvérisations de ces produits en période de floraison sur toutes les cultures. Ne sont autorisées que les pulvérisations hors période de floraison, sur les cultures non-attractives pour les abeilles. Concernant les traitements de semences par enrobage, ne sont plus autorisés que les traitements sur céréales à paille semées en hiver (blé, seigle, avoine) et les betteraves, cultures non-attractives pour les abeilles. Les articles ou études récemment publiées concernant le thiamétoxam, l’imidaclopride et la clothianidine confirment les évaluations déjà conduites en 2013. La France demande donc à ce que ces restrictions soient maintenues, voire renforcées si nécessaire. Il convient, d’ailleurs, de souligner que l’utilisation de produits contenant de la clothianidine sur du colza, telle que décrite dans l’article de Rundlöf, M. et al publié le 22 avril dernier dans la revue Nature, n’a jamais été autorisée en France et est interdite en Europe depuis mai 2013. Concernant les deux autres substances néonicotinoïdes (acétamipride et thiaclopride), la France demande à ce que la Commission européenne accélère la réévaluation des dossiers d’autorisation en cours. Par ailleurs, Stéphane Le Foll rappelle que le développement de l’utilisation de méthodes alternatives est encouragé, en particulier dans le cadre du nouveau plan Ecophyto qui sera présenté en juin.

Pour ma part, j’ai cosigné une proposition de loi sur ce sujet en 2014 qui avait repris les études menées sur ces substances dangereuses pour la pollinisation. Le Gouvernement s’est largement inspiré de cette proposition de loi pour mener une lutte européenne contre le recours aux néonicotinoïdes.