Compte-rendu de mon déplacement à Vilnius le 12 juin

« L’espoir est la mère de tous les fous mais la mère adore ses enfants » dit un proverbe lituanien.

Armé de ce proverbe, j’ai foulé pour la première fois le sol lituanien pour rencontrer la communauté française de ce magnifique pays qui a vécu une histoire mouvementée dont nous pouvons voir encore les traces aujourd’hui.

Avec l'Ambassadeur de France en Lituanie, Philippe Jeantaud

Avec l’Ambassadeur de France en Lituanie, Philippe Jeantaud

Accueilli par l’Ambassadeur de France – Philippe Jeantaud – et la Consule – Claudine Guenego – j’ai pu profiter de cette journée pour visiter les institutions francophones de Vilnius. L’Ambassadeur m’a donné un aperçu historique de ce pays pour comprendre la spécificité de la relation franco-lituanienne.

La Lituanie a été sous influence polonaise entre le 14e et le 16e siècle avec l’Union de Pologne-Lituanie qui a donné en 1569 la création de la République des Deux Nations. L’élite est alors marquée par la langue et la culture polonaise et le grand-duché de Lituanie est intégré à la Constitution polonaise de 1791. A partir des années 1795, le pays est sous occupation russe jusqu’en 1918. La défaite de la Russie face à l’Allemagne permet au pays d’accéder à son indépendance le 6 février 1918. Cette indépendance prend fin avec l’occupation soviétique en 1940. L’Allemagne nazie a par la suite contrôlé le pays de 1941 à 1944 avant que la Lituanie ne bascule dans le giron soviétique jusqu’au début des années 1990, moment où elle est devenue indépendante. C’est une histoire douloureuse et ancienne et en même temps l’indépendance est malgré tout récente. La Lituanie est passée récemment à l’euro et les questions de voisinage et de relation avec la Russie demeurent prédominantes dans l’agenda politique.

La communauté française

Elle compte 433 personnes enregistrées au Consulat avec une croissance de 2% par année. La plupart des Français résidant en Lituanie habitent à Vilnius, quelques ressortissants sont établis à Kaunas et à Klaipéda. Pour la petite anecdote, la ville de Klaipéda a abrité 690 prisonniers de guerre français entre 1871 et 1873 qui ont participé au creusement du canal Guillaume qui reliait la rivière Minija, affluent du Niémen, au port de Klaipéda (qui s’appelait Memel à l’époque).

Ma journée s’est poursuivie en présence de Bertrand Jacob, représentant de l’association Français du Monde en Lituanie. Bertand Jacob est un grand connaisseur de ce pays qu’il habite depuis plus de dix ans. Nous avons continué ensemble la visite des institutions francophones de Vilnius.

L’Ecole Française de Vilnius

Avec Gilles Dervieux, Directeur de l'Ecole Française de Vilnius

Avec Gilles Dervieux, Directeur de l’Ecole Française de Vilnius

Accueilli par son directeur, Gilles Dervieux, et par le conseiller culturel de l’Ambassade, Frédéric Bellido, nous avons visité les locaux et rendu visite à plusieurs classes.

Le directeur de l’école effectue un travail remarquable pour la promotion du français et le bilinguisme. Au cours de la visite, j’ai pu rencontrer des éducatrices spécialisées dans les classes d’accueil, des professeurs de lituanien. La visite de la cantine, du gymnase et des locaux m’a permis de me rendre compte du dynamisme et de l’ambiance qui règne dans cette école. L’école française est installée depuis septembre 2010 dans des bâtiments qui ont été rénovés. L’Ecole Française a été homologuée pour accueillir au maximum 300 élèves. L’établissement a enregistré depuis trois ans une augmentation des effectifs : 200 élèves en septembre 2012, 250 en 2013, 300 en 2014 et une prévision de 350 pour la rentrée 2015. L’école propose une offre d’enseignement sans discontinuité, de la petite section maternelle à la Terminale, ce qui fait de l’école française de Vilnius la première école internationale de Vilnius. Près d’un quart des élèves du secondaire sont français contre 20% en maternelle et en primaire.

Réflexion des élèves de l'Ecole Française sur la laïcité et les religions

Réflexion des élèves de l’Ecole Française sur la laïcité et les religions

Nous nous sommes ensuite rendus dans un établissement de l’éducation nationale lituanienne qui accueillera à la rentrée une partie du secondaire. Ce dossier de délocalisation du secondaire, ouvert en 2013, vient d’aboutir avec des locaux de 684 m2. J’ai rejoint la résidence de l’Ambassade de France pour un déjeuner avec l’Ambassadeur, le Premier conseiller, Denis Pelbois, la Consule, Claudine Guenego, Bertrand Jacob et Geoffrey Party, conseiller consulaire de la circonscription électorale de Finlande et des pays baltes et conseiller à l’AFE de la circonscription d’Europe du Nord. Ce fut l’occasion d’aborder la thématique de la représentation politique des Français de l’étranger.

Avec l'Ambassadeur de France en Lituanie, Philippe Jeantaud et Bertrand Jacob qui m'a aidé à organiser ce déplacement.

Avec l’Ambassadeur de France en Lituanie, Philippe Jeantaud et Bertrand Jacob qui m’a aidé à organiser ce déplacement.

La visite du Seimas et la rencontre avec un député lituanien

Je me suis ensuite rendu au Seimas, le parlement monocaméral lituanien composé de 141 députés. Je me suis entretenu avec Linas Balsys, député du Parti Vert et vice-président de la Commission des affaires européennes. Linas Balsys est francophone et nous avons échangé sur les institutions politiques lituaniennes et les grands défis du pays. Il existe 14 commissions permanentes au Parlement lituanien et la commission des affaires européennes est permanente. Je m’étais investi à l’Assemblée Nationale, lors des discussions sur la modification du règlement de l’Assemblée Nationale, sur la possibilité de transformer la commission des affaires européennes en une commission permanente. L’amendement avait été rejeté, mais le débat est toujours d’actualité, j’en prends conscience au fil des déplacements en circonscription.

La mission économique et l’Institut français de Vilnius

De retour à l’Ambassade, j’ai pu m’entretenir avec le service économique et son directeur, Christian Levon, la Chambre de commerce Lituanie-France ainsi qu’avec Business France. Du point de vue des exportations de la Lituanie, la France se place au 11e rang avec une part de marché de 2,8% (737 millions d’euros). En 2014, les exportations lituaniennes vers la France ont régressé de 13% par rapport à 2013 (653 millions d’euros), principalement sous l’effet d’une nouvelle chute de moitié de nos importations d’hydrocarbures lituaniens (source : publications des services économiques). Les principaux produits français exportés en Lituanie sont les produits agroalimentaires, les véhicules automobiles et les produits chimiques (cosmétiques, parfums). A noter que les flux d’investissements directs étrangers ont enregistré un recul important malgré le réinvestissement local d’une grande partie des dividendes.

Mon déplacement fut également l’occasion de répondre à un entretien avec la télévision lituanienne portant principalement sur la politique européenne, l’OTAN et la relation franco-russe.

Le directeur de l’Institut français m’a fait visiter les lieux d’un très grand cachet : une bibliothèque complète, une cinémathèque magnifique, des salles de classe spacieuses et agréables. De tous les Instituts de ma circonscription, c’est sans doute l’un des plus beaux et des mieux situés. J’ai pu échanger rapidement avec Luc Aubry, attaché de coopération pour le français dans ce pays et passionné par son métier qui me rappelle à bien des égards ma mission antérieure au sein de l’Institut français de Stockholm.

Cinémathèque de l'Institut Français de Vilnius

Cinémathèque de l’Institut Français de Vilnius

Réunion publique

Grâce au talent de Bertrand Jacob, j’ai achevé ma visite par une réunion publique dans les locaux de l’Institut français. Les Français présents, qui résident dans ce pays depuis plus d’une dizaine d’années, ont tenu à évoquer les questions de fiscalité, de simplification administrative et de suivi des retraites.

Réunion publique avec quelques Français établis en Lituanie

Réunion publique avec quelques Français établis en Lituanie

Je remercie les services de l’Ambassade et de l’Institut, l’Ecole Française de Vilnius et Bertrand Jacob pour m’avoir aidé à découvrir une communauté passionnante et insérée dans ce très beau pays qui gagnerait à être davantage connu en France.