#10 Portraits des Français de l’étranger

Cela fait maintenant 10 semaines que je publie chaque semaine le portrait d’un(e) Français(e) établi(e) dans un des pays d’Europe du Nord. 

Pour ce dixième portrait, un Franco-suédois né en Suède nous raconte son parcours.
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1/ Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer à l’étranger?

Je suis né à Stockholm le 18 février 1941. J’ai quitté la Suède en juin 1957 et j’ai résidé en France de 1957 à 2001. Depuis cette date j’habite à Simrishamn en Scanie (le sud de la Suède, à 1h30 de Copenhague). J’ai la double nationalité franco-suédoise. Je considère qu’encore aujourd’hui, la Suède est une société ouverte et plus communicative, en comparaison avec les autres pays européens. La Suède assure un haut niveau de protection sociale, malgré la lourdeur des grandes administrations suédoises.

2/ Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui  et la relation que vous entretenez avec le pays dans lequel vous vivez ?

J’ai fait mes études d’architecture et d’urbanisme à Paris. J’ai exercé ma profession d’architecte-urbaniste en France de 1970 à 2001. En 1990, j’ai rejoint le groupe suédois SKARNE en réalisant une opération pilote de logement social dans le vieux-pays de Tremblay-en-France en 1995 (www.skarne.se). J’ai conduit plusieurs opérations de logements sociaux avec le système Skarne à Castanet-Tolosan, à Marolles (prêt de Vitry-le.François) et un budget-hôtel à Bollène.

Après mon départ pour Simrishamn en 2001, j’ai continué à travailler au sein du groupe Skarne. J’ai conduit une opération de logement à Fruängen dans la banlieue de Stockholm.

Je me consacre essentiellement à des actions de développement durable avec KTH, le polytechnicum de Stockholm et avec l’Institut d’Environnement suédois IVL en formant des étudiants en masterclasses à l’Ecole d’Architecture (KTH) aux nouveaux procédés de constructions, combinées avec des nouvelles techniques à faible consommation énergétique.

3/ Quelles sont les spécificités locales de votre pays d’accueil qui pourraient être les plus bénéfiques à transposer en France ?

Je pense principalement aux nouvelles techniques de développement durable dans l’habitat.

4/ Qu’est-ce que vous apporte le fait d’être Français dans votre pays d’accueil ?

J’ai travaillé pour une dizaine de communes en France dans l’urbanisme et à la direction d’une société communale d’économie mixte à Trembay-en-France. L’expérience de la maîtrise d’ouvrage publique et de l’urbanisme m’a poussé assez « naturellement » vers la fonction d’élu à la commune de Simrishamn (19.000 habitants) où je suis membre permanent de la Commission de l’Aménagement du Territoire. Les communes et les régions en Suède, comme l’Assemblée Nationale, sont toutes des structures parlementaires avec un président de l’assemblée, des élus à la proportionnelle intégrale, une commission exécutoire et des commissions obligatoires, ceci dans chaque collectivité locale et nationale. Il n’y a donc pas de maires dans les communes suédoises.