Débat parlementaire sur les classes bilangues

Jeudi 11 Juin 2015 a été examinée à l’Assemblée Nationale la proposition de résolution de M. Bernard Accoyer, visant au maintien des classes bilangues pour l’apprentissage de l’allemand. Le groupe « Les républicains » a souhaité utilisé « sa niche » pour tenter de prolonger les débats sur la réforme du collège portée par la ministre Najat Vallaud Belkacem par voie réglementaire.

Vous connaissez mon engagement pour le bilinguisme et le multilinguisme. Cela constitue l’un des points essentiels de mon projet de circonscription et comme je l’ai encore rappelé au Gouvernement par le biais d’une question orale sans débat, le bilinguisme m’apparaît comme une solution indispensable pour améliorer notre système éducatif en France comme à l’étranger.

Pour autant, j’ai choisi de ne pas apporter mon soutien à cette résolution proposée par l’opposition. Elle risquait de déstabiliser la mise en œuvre de la réforme des collèges en colportant une certaine désinformation sur la formation aux langues étrangères dans notre pays.

En effet, contrairement à ce que l’on a pu entendre, les classes bi-langues de continuité sont maintenues.

Le Gouvernement va tenter au contraire de mieux organiser la diversité linguistique pendant toute la scolarité. La réforme permettra aux élèves de commencer la 1ère langue vivante dès le CP et tous les élèves pourront commencer l’apprentissage de leur deuxième langue vivante en classe de 5ème. Ce seront 54 heures supplémentaires en langue vivante 2 sur l’ensemble de la scolarité au collège pour tous les élèves. Les élèves qui étudient une autre langue vivante que l’anglais à l’école élémentaire pourront poursuivre l’apprentissage de cette langue en même temps que l’enseignement de l’anglais dès la classe de 6ème.

Lorsque l’allemand sera enseigné dès le CP, les élèves débuteront alors l’apprentissage de la deuxième langue vivante en sixième. C’est cela qu’on appelle les classes bilangues de continuité, qui sont bel et bien maintenues.

Ce auquel se réfère le groupe Les Républicains avec cette proposition de résolution s’apparente aux classes bilangues dites de « contournement. Ces classes seront supprimées pour permettre la réallocation des moyens consacrés sur l’ensemble des élèves.

Comme le disait ma collègue Barbara Pompili sur le perchoir de l’Assemblée Nationale « avec cette réforme, l’excellence et la réussite ne seront donc plus réservées à ceux qui prennent ces options et choisissent ces classes : la réussite et l’excellence concerneront enfin, réellement, chaque collégien ! »

Permettre à tous les collégiens de réussir leur scolarité, c’est véritablement l’objectif de cette réforme du Collège dont je souhaiterais vous rappeler les points essentiels :

Tout d’abord, la réforme permettra dès 2016 un accompagnement personnalisé pour tous les élèves. Cet accompagnement est la clef de la réussite : la preuve en a été faite notamment avec le système finlandais, l’un des meilleurs au monde, qui garantit à tous les étudiants une assistance privilégiée et personnelle du professeur à tous ses élèves. De plus, les classes seront divisées en plusieurs petits groupes pour permettre à tous les élèves de s’exprimer, condition de leur épanouissement personnel. La réforme du collège instaure 60 heures pour le travail en groupe à effectifs réduits avec 4000 postes d’enseignants créés pour accompagner ce travail en petits groupes.