#11 Portraits des Français de l’étranger

La rivière Tyne à Newcastle

La rivière Tyne à Newcastle

1/ Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer à l’étranger?

J’ai quitté Strasbourg pour Newcastle-upon-Tyne en 2000, pour un contrat de postdoctorat de 3 ans, et m’y suis tout de suite sentie chez moi. Je suis restée en partie parce que j’aimais l’Angleterre et également parce qu’un retour en France aurait été très difficile, particulièrement dans le milieu universitaire : les postes permanents y valent de l’or et requièrent des contacts et un sujet de doctorat « en vogue » susceptible de générer beaucoup de publications et d’attirer des financements.

2/ Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui et la relation que vous entretenez avec le pays dans lequel vous vivez ?

J’ai effectué un contrat postdoctoral (biochimie) à l’Université de Newcastle pendant trois ans puis un second à l’Université de Durham, également pendant trois ans. Par la suite, j’ai suivi la formation « Teaching French to Adults » (équivalent TEFL) à International House (Londres). Depuis, je travaille en free-lance : enseignement du français (surtout adultes ; CDD dans plusieurs universités locales à différents niveaux jusqu’au master), traduction, interprétariat, recherche d’informations sur le financement de la recherche en sciences de la vie en France pour une agence allemande de consulting en biotechnologie. En 2006 je me suis mariée (dans les Vosges où habite ma famille) à un Anglais et nos deux enfants vont à l’école locale (quartier ouest de Newcastle), où l’on parle entre 20 et 25 langues différentes! Nos enfants parlent surtout l’anglais, mais aussi le français avec ma famille.

3/ Quelles sont les spécificités locales de votre pays d’accueil qui pourraient être les plus bénéfiques à transposer en France ?

J’ai le droit de voter aux élections locales en Angleterre. J’aimerais pouvoir participer aux élections législatives aussi, mais c’est mieux que rien ! Autre différence importante : une grande partie de mon travail (secteur privé et universitaire) m’a été attribuée sur la base de mon expérience et de mon potentiel plutôt que sur des diplômes. Le monde du travail en France me semble beaucoup plus rigide et me fait craindre de gros obstacles si je décidais de revenir. J’ai aussi pu créer mon agence en trois clics, ou presque. J’imagine que la procédure est bien plus compliquée en France.

4/ Qu’est-ce que vous apporte le fait d’être Français dans votre pays d’accueil ?

Etre Française me donne bien sûr des opportunités professionnelles (enseignement, traduction…), et d’une manière générale les gens ici sont plutôt francophiles. Je vis dans un quartier très cosmopolite, le français me permet de communiquer avec d’autres francophones (ex : parents togolais d’élèves à l’école de mes enfants, serveurs, employés…). Mes étudiants apprécient les informations que je leur donne, en dehors de la langue elle-même, sur notre pays, la culture, les actualités, etc.

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