Compte-rendu du conseil d’administration de l’AEFE du 24 juin

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Le dernier conseil d’administration s’est ouvert sur un reportage vidéo revenant sur la célébration des 25 ans de l’AEFE du 10 avril dernier. Ce fut l’occasion de redécouvrir les temps forts de cette journée entre la signature d’une convention avec l’Institut du monde arabe, les tables-rondes, les interventions de Matthias Fekl et de Najat Vallaud-Belkacem. Cela a permis de rendre hommage à l’action de cette Agence.

J’avais demandé à ce qu’un point soit mis à l’ordre du jour, à savoir celui de la réforme des collèges en 2016. L’AEFE est en avance avec ses classes bilingues précoces et son ouverture aux projets pédagogiques interdisciplinaires. Les actions pédagogiques pilotes ont d’ailleurs permis de mettre en place un certain nombre d’innovations.

La séance a ensuite été consacrée à l’examen du rapport de Philip Cordery et de Claudine Lepage sur les frais de scolarité dans les établissements d’enseignement français à l’étranger. Le rapport donne une image précise du réseau présent dans 135 pays avec 494 établissements scolaires homologués, 330.000 élèves scolarisés dont 206.000 étrangers et 124.000 Français. Nous sommes revenus sur la distinction entre les établissements en gestion directe par l’AEFE (74 établissements constituant des structures déconcentrées de l’AEFE), les établissements conventionnés avec l’AEFE gérés par des fondations ou des associations de droit local et les établissements partenaires qui disposent de la pleine autonomie dans la gestion de l’établissement et qui peuvent bénéficier de détachements administratifs du personnel de l’Education Nationale. Le constat de ce rapport est le suivant : il y a une scolarisation croissante d’enfants au sein de ce réseau mais en même temps une augmentation tangible des frais de scolarité qui pèse sur le budget des familles. Cette augmentation a été nette dans les années 2007-2012. L’alinéa 4 de l’article L 452-2 du code de l’éducation précise que l’une des missions de l’AEFE est « d’aider les familles des élèves français ou étrangers à supporter les frais liés à l’enseignement élémentaire, secondaire ou supérieur de ceux-ci, tout en veillant à la stabilisation des frais de scolarité ».

Plusieurs propositions sont à retenir :

  • création d’un conseil de l’enseignement présidé par l’Ambassadeur et incluant les acteurs du système éducatif ainsi que les conseillers consulaires, à l’image du comité de pilotage du Plan Ecole de Londres ;
  • renforcement de la transparence du dialogue de gestion entre l’AEFE et les établissements (c’est notamment l’objet de l’avis du conseil consulaire de Londres qui a été récemment voté à l’unanimité par les conseillers consulaires et qui s’appuie sur une résolution adoptée à l’Assemblée des Français de l’Etranger en mars dernier) ;
  • mutualisation des projets avec le réseau culturel (locaux, projets) ;
  • conditionnement des bourses au respect de la charte de l’enseignement français à l’étranger ;
  • intégration des parents dans les décisions budgétaires ayant un impact sur les frais de scolarité ;
  • l’AEFE pourrait aussi retirer ses partenariats et son homologation lorsque des dysfonctionnements sont repérés ;
  • les partenariats et les coopérations avec les Etats-hôtes doivent également être renforcés.

La proposition 27 du rapport a particulièrement retenu mon attention puisqu’elle appelle une réflexion sur les rapprochements avec les systèmes éducatifs des pays francophones.

En ce qui concerne les pistes de financement, les organisations internationales pourraient être approchées pour garantir la scolarisation des enfants des personnels de ces organisations moyennant leur engagement financier.

La proposition 29 souhaite faire appel à la banque européenne d’investissement pour un plan rénovation école. Un fonds mondial d’entreprises pourrait être créé en étant géré par la Banque transatlantique. Les entreprises peuvent encourager les fondations et multiplier les partenariats pour renforcer l’attractivité de notre réseau. J’ai apprécié les efforts pédagogiques qui ont été évoqués : développement des certifications DELF (Diplôme d’Etudes en Langue Française) et DALF (Diplôme Approfondi de Langue Française), renforcement des programmes FLAM, développement du Label FrancEducation.

Lors de mes visites dans les lycées de ma circonscription, plusieurs interlocuteurs m’ont alerté sur le statut des coordonnateurs de zone, j’ai posé une question écrite à ce sujet pour savoir si on pouvait rationaliser ce mini-réseau (à lire ici). J’ai été heureux de voir que ce souhait correspondait à l’une des propositions de ce rapport visant à utiliser les ressources du numérique pour ces coordinations.

A mon sens, la proposition la plus importante est la n°16 puisqu’elle invite à inscrire dans les conventions un montant maximal des frais de scolarité.

Ce rapport fait date dans l’évolution du réseau, il prend conscience des situations locales et propose des pistes de financement alternatives afin que les familles ne se trouvent pas en prise avec une hausse sensible des frais de scolarité. J’avais contribué à ce rapport en proposant une analyse des acteurs de l’enseignement français dans les pays nordiques et en particulier en Suède.

Le reste du conseil d’administration a vu une délibération sur l’attribution d’une subvention exceptionnelle de 80.000 euros au Lycée Charles de Gaulle de Bangui puis nous avons examiné le budget rectificatif de l’AEFE. Le conseil d’administration s’est terminé sur des questions diverses, j’avais pour ma part attiré l’attention de la direction sur la situation des personnels résidents à Abu Dhabi.