Compte-rendu de mon déplacement à Bristol et Londres le 7 juillet

Je me suis rendu à Bristol le 7 juillet 2015 pour rencontrer certains acteurs de la communauté française de Bristol.

Rencontre avec Madame Annie Burnside, Consule Honoraire de Bristol

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J’ai échangé dans un premier temps avec Madame Annie Burnside, Consule Honoraire de Bristol, qui habite au Royaume-Uni depuis plus de 45 ans. Madame Annie Burnside a enseigné à l’Université de Bristol et a été l’une des fondatrices de l’Ecole Française de Bristol. J’ai également eu le plaisir de rencontrer Madame Josette Lebrat, successeur d´Annie Burnside en tant que Consule Honoraire basée à Bath.

Le Sud-Ouest de l’Angleterre comprend près de 3 500 Français inscrits sur les registres. Madame Annie Burnside a rappelé l’importance du rôle du Consulat qui permet aux Français de l’étranger de garder un véritable lien avec la France. Mesdames Annie Burnside et Josette Lebrat m’ont fait part des préoccupations des retraités français installés dans le Sud-Ouest de l’Angleterre concernant le dispositif des « certificats de vie », document nécessaire au versement de leur pension de retraite alors qu’une simple déclaration sur l’honneur suffit en France. J’avais interrogé M. Matthias Fekl, Secrétaire d’Etat chargé du commerce extérieur, du tourisme et des Français de l’étranger, sur cette problématique à l’occasion d’une question écrite qui n’a toujours pas reçu de réponse à ce jour. Nous avons toutefois évoqué les récentes mesures de simplification qui ont été adoptées pour les Français de l’étranger notamment concernant la fin de l’obligation de comparution personnelle pour la remise du passeport.

Mesdames Annie Burnside et Josette Lebrat m’ont également fait part des sollicitations qu’elles reçoivent régulièrement sur les demandes d’enseignement français. J’ai ainsi rappelé mon attachement aux structures FLAM qui sont des associations qui peuvent être créées à l’initiative des parents pour un effectif minimum de 10 enfants français.

Nous avons ensuite échangé sur l’actualité européenne et les conséquences d’une éventuelle sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne pour Bristol. En effet, le Groupe Airbus emploie de nombreux Français sur son site à Filton (près de Bristol) et a annoncé son intention de quitter le Royaume-Uni si un tel événement venait à se produire. Sur ce sujet, j’envisage de faire une réunion publique lors de mon prochain déplacement pour échanger avec vous sur le référendum annoncé par David Cameron sur le maintien du Royaume-Uni au sein de l’Union Européenne.

Visite de l’Ecole Française de Bristol

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J’ai ensuite eu l’occasion de visiter l’Ecole Française de Bristol qui vient d’emménager depuis février 2015 dans des nouveaux locaux spacieux et plus adaptés aux enfants. L’Ecole Française de Bristol fonctionne sur un modèle unique au Royaume-Uni puisque cette école s’adresse à des enfants français scolarisés dans le système britannique et qui suivent des cours à l’Ecole Française un jour par semaine. L’Ecole Française de Bristol a reçu l’homologation de l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE) pour les petite et moyenne sections de la maternelle. En parallèle, l’Ecole Française de Bristol est régulièrement inspectée par l’OFSTED (Office for Standards in Education, Children’s Services and Skills).

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Je salue le dynamisme et le dévouement de Madame Monique Pellois, Directrice de l’établissement, des membres du comité de gestion de l’Ecole (dont Annie Lewis, co-fondatrice de l’Ecole que j’ai eu grand plaisir à rencontrer) ainsi que les parents d’élèves qui réalisent un travail remarquable pour faire vivre cette Ecole qui accueille près de 100 élèves dès l’âge de deux ans et demi. L’Ecole Française de Bristol est une Ecole très dynamique qui contribue à la promotion du français et du bilinguisme, formidable aventure culturelle d’ouverture.

A l’occasion de cette visite, j’ai également rencontré un ancien élève de l’Ecole Française de Bristol qui s’apprête à partir faire ses études en France. Nous avons échangé sur la problématique du retour en France et les difficultés qui se posent.

Réunion publique
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J’ai achevé ma journée de déplacement à Londres par une réunion publique organisée en partenariat avec la section PS de Londres pour échanger sur la loi renseignement avec la participation de Gabrielle Guillemin, spécialiste des politiques de gouvernance d’internet au sein de l’association Article 19.

Le projet de loi sur le renseignement a été adopté par le Parlement français à la fin du mois de juin 2015 et a donné lieu à de nombreuses critiques émanant des médias et de la société civile.

J’avais voté en faveur de ce projet de loi à l’occasion de la première lecture à l’Assemblée Nationale. Lors de la seconde lecture de ce projet de loi à l’Assemblée Nationale, j’ai pris la décision de m’abstenir suite au retrait d’un amendement qui visait à protéger le statut de lanceur d’alerte alors que cet amendement était un élément essentiel de l’équilibre du texte.

Lors de cette réunion, j’ai également souhaité rappeler que ce projet de loi sur le renseignement avait été élaboré à la fin de l’année 2013 à l’occasion d’un rapport de Jean-Jacques Urvoas suite à la création d’une commission d’enquête sur le fonctionnement des services de renseignement français dans le suivi et la surveillance des mouvements radicaux armés. Malheureusement, les actualités de ces deniers mois et l’attentat terroriste qui a touché la France au début de l’année 2015 ont entraîné une nouvelle lecture de ce texte. Il est essentiel de rappeler que l’objectif principal de ce texte législatif est de moderniser nos services de renseignement et de l’adapter aux évolutions de notre société numérique.

Sur un texte aussi technique et sensible, nous avons eu un débat et nous devons le poursuivre. Peu de pays l’ont eu et en France nous avons affronté ce débat qui est essentiel puisqu’il touche aux fondements de notre contrat social.

De son côté, Gabrielle Guillemin a souhaité insister sur la principale lacune de ce texte qui est l’absence de précision concernant la nature des données surveillées. Je rejoins Gabrielle Guillemin sur ce point et c’est pour cette raison que je souhaite que ce débat soit structuré dans le temps pour notamment préciser la nature de ces données.

Une remarque judicieuse venant du public est à retenir : pourquoi ne pas donner un délai de révision à cette loi afin de s’assurer qu´elle sera régulièrement discutée ?