Échanges avec des parlementaires et des fonctionnaires du Parlement suédois

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J´ai eu le plaisir d´animer le lundi 24 août un déjeuner au Parlement suédois avec des parlementaires et des fonctionnaires apprenant le français.

Cela fait déjà plusieurs années que je me prête au jeu en acceptant l´invitation de l’école de langues Europaspråk et de son directeur Christophe Luciani. (Retrouvez ma dernière participation au sein de l’école de langues Europaspråk ici)

Europaspråk a obtenu un appel d´offres pour former les fonctionnaires et les parlementaires au français. En y réfléchissant, je ne suis pas certain que nous ayons des formations de langue à l´Assemblée Nationale contrairement à d´autres parlements nationaux. Il est vrai que les durées de session et l´avalanche de textes ne nous laissent peut-être très peu de temps, mais les groupes d´amitié pourraient également jouer un rôle dans la promotion des langues étrangères. Les questions qui m´ont été posées touchaient aux groupes politiques représentés au Parlement, au nombre de commissions et à la spécificité des députés des Français de l´étranger ainsi que les conséquences de la réforme constitutionnelle de 2008 avec les tickets à deux (titulaire / suppléant) au moment des élections. Cela me fait mesurer la différence culturelle existante avec le mode de scrutin, les élections législatives suédoises ayant lieu tous les quatre ans au scrutin proportionnel à un tour. Lorsque j´ai expliqué le fonctionnement de notre Parlement avec les systèmes de navette entre l´Assemblée Nationale et le Sénat, des parlementaires ont attiré mon attention sur le fait que le Sénat avait été supprimé en Suède depuis longtemps et que c´était le cas dans les pays nordiques. Lors de mes deux visites au Parlement norvégien, j´avais constaté que la suppression du Sénat y était récente (depuis 2009) et que la salle réservée naguère aux sénateurs servait de lieu de réception ou pour les commissions extraordinaires.

Au Riksdag, la session parlementaire dure un an avec à l´automne l´examen du budget de l´État (comme pour nous avec le projet de loi de finances) et les autres textes au printemps. Le contrôle du gouvernement s´exerce par le biais de questions écrites préalablement posées et qui sont posées au moment des débats d´interpellation. Cela correspond à nos séances de questions au gouvernement mais aussi aux débats d´orientation que nous avons connus cette année avec par exemple le débat d´orientation sur le numérique,  sur l´Europe, sur la trajectoire des finances et le réseau culturel en Europe.
Le
Riksdag a 15 commissions permanentes soit le double de notre Assemblée mais si on ajoute les commissions de notre Sénat, nous sommes à peu près au même nombre. Chaque commission permanente comporte 17 membres. Nous avons comparé le processus d´élaboration de la loi avec une précision dans les traductions. En effet, un projet de loi se dit en suédois en proposition tandis qu´une proposition de loi se traduit par motion. Ces rencontres sont extrêmement intéressantes pour comparer en détails la manière dont un pays conçoit son processus de création de normes.