#17 PORTRAITS DES FRANÇAIS DE L’ÉTRANGER

Aujourd’hui je vous présente le portrait d’une Française installée en Suède depuis plus de 30 ans.

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1)      Pour quelles raisons avez-vous choisi de vous installer à l’étranger ?

J’ai rencontré à l’âge de 24 ans un Suédois venu étudier en France et je cherchais un pays d’Europe de l’Ouest où m´établir pour y enseigner le français comme langue étrangère. Ayant étudié l’allemand à l’université en France, j’avais eu l’occasion de participer à des échanges en Allemagne de l’Ouest et en Autriche, pays dans lequel j’avais passé une année comme assistante de français (1978). J’ aurais bien voulu m’ installer en Autriche mais ce pays était à l´époque très protectionniste et il était très difficile pour un étranger de s’y procurer un permis de travail. Mon expérience en Allemagne n’était pas positive, ceci dû à une pollution industrielle extrême dans la région où j’avais été envoyée en échange. Je ne savais absolument rien à l´époque sur la Suède mais j’en avais une impression plutôt bonne. Et il s’avérait qu’avec l’ aide de mon petit ami suédois il était tout à fait envisageable de quitter la France pour la Suède. Et à l’âge de 24 ans on est prêt à prendre des risques, d’autant plus que ma situation à l´époque de maîtresse auxiliaire d’allemand n’avait absolument rien d’excitant ! Il s’ agissait plutôt de trouver une porte de sortie pour quitter cette galère !

2)      Pouvez-vous nous raconter votre parcours professionnel et personnel d’expatrié depuis votre installation jusqu’à aujourd’hui et la relation que vous entretenez avec le pays dans lequel vous vivez ?

J’ ai d’abord travaillé pour une organisation qui dépendait plus ou moins de l’Institut Français de Stockholm. Puis j’ai obtenu un poste d’institutrice au Lycée Français de Stockholm. Je l’ai quitté 4 ans plus tard pour suivre une formation de professeur de langues étrangères au centre de formation des professeurs de Stockholm entre l’âge de 28 et 33 ans. Un prêt d’études à la suèdoise m’a permis de financer moi-même ces études. En 1989, j’ai commencé à travailler dans un établissement suédois. Mais après 10 ans en Suède je voulais à nouveau du changement. J’ai obtenu un poste au Lycée Français de Los Angeles aux États-Unis. Les conditions d’emploi n’ étant pas optimales (pas de couverture sociale, pas d’assurance maladie, etc…) j’ai décidé en 1995 de revenir en Europe à l’âge de 40 ans. J’aurais voulu revenir en France mais cela était impensable car un tel retour était synonyme de chômage garanti. Donc je suis retournée en Suède, qui durant mes 4 années d’absence s’était transformée (en bien et en mal) après une sévère crise économique et l’entrée dans l’UE. Cela fait maintenant plus de 30 ans que je suis en Suède et j’enseigne le français dans un lycée renommé de la capitale. Je suis mariée à un Suédois, j’ai des enfants bilingues francais –suédois qui vont au Lycée Francais de Stockholm. J’ ai pris la nationalité suèdoise l’année dernière pour avoir la même nationalité que mes enfants. Car mes enfants sont adoptés de Chine et, tenez-vous bien, les adoptions d’ enfants effectuées par le biais d’organisations internationales par des citoyens francais résidant à l´étranger ne sont pas reconnues comme adoptions plenières par la France et ces enfants ne peuvent pas acquérir de facto la nationalité française même si l’adoption a été rendue officielle et valide par un tribunal suèdois. J’ai gardé la nationalité française et possède donc une double nationalité. Je me sens complètement intégrée à la société suèdoise.

3) Quelles sont les spécificités locales de votre pays d’accueil qui pourraient être les plus bénéfiques à transposer en France ?

Les « spécialités » suèdoises coûtent cher ! Je crains que la France ne soit en trop mauvaise position pour pouvoir les adopter !

Mais les prêts d´études cautionnés par l’Etat suèdois permettent à tous ceux qui le veulent de faire des études supérieures. C’est grâce à ce prêt que j’ai pu me former et pénétrer le marché du travail suèdois.

Les congés parentaux sont exceptionnels en Suède ! Nous sommes vraiment privilégiés à ce niveau-là.

4)      Qu’est-ce que vous apporte le fait d’être Français dans votre pays d’accueil ?

En tant que professeur de français langue étrangère le fait d’être française et d’avoir le français comme langue maternelle rend mon métier plus facile évidemment. Mais sinon cela ne me procure aucun avantage particulier à part la sympathie des francophiles !