Évaluer humainement le drame des migrants

Le Président de la République s’est entretenu avec M. Werner Faymann, Chancelier fédéral d’Autriche, à la suite de l’épouvantable tragédie qui a coûté la vie à plus de 70 migrants et lui a fait part de sa solidarité dans cette épreuve.

Ils ont tous deux marqué leur détermination à lutter avec une fermeté sans faille contre les filières de trafiquants d’êtres humains et à garantir les frontières extérieures de l’Europe. Comme la France et l’Allemagne l’avaient demandé à Berlin en début de semaine, le Président et le Chancelier autrichien ont tous deux appelé à la mise en œuvre sans délai des décisions prises par le Conseil européen, pour notamment :

  • accélérer l’ouverture des centres d’accueil nécessaires enItalie et en Grèce ;
  • répartir équitablement les demandeurs d’asile entre les Etats membres de l’Union ;
  • raccompagner dans la dignité les personnes entrées illégalement.

A terme, le Président et le Chancelier ont plaidé pour aller vers un système européen unifié d’asile et une politique migratoire commune. 

Si le Conseil européen met davantage en avant une coordination intergouvernementale, il serait bon qu´un débat plus large ait lieu sur les contours d´une politique migratoire commune. L´Union européenne s´est construite sur l´idée de mobilité et je dirais même l´idée de mobilité partagée. À nous de faire face dignement à ce défi en n´oubliant pas ce que la migration apporte à nos sociétés. Ce n´est d´ailleurs pas un hasard si l´Organisation Internationale de la Francophonie a fait de la migration le patrimoine de l´humanité. Je récuse de ce point de vue le discours de la ministre de l´Intérieur britannique, Theresa May, voulant privilégier les migrants ayant un emploi.