Débat à l’Assemblée Nationale sur l’Accueil des réfugiés en France et en Europe

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Ce mercredi 16 septembre, s’est tenu à l’Assemblée un débat portant sur l’accueil des réfugiés.

Ce drame des réfugiés qui frappent aux portes de l’Europe a ceci de particulier qu’il nous renvoie à nous-mêmes, individuellement et collectivement, en tant qu’Européens et en tant que Français.

La question des migrations, quelle que soit leur cause, est l’une des grandes questions de ce siècle qui n’est pas seulement celui « d’une mondialisation heureuse », telle qu’elle nous a si souvent été décrite, mais aussi celui une mondialisation malheureuse, tragique, qui détruit les équilibres, bouscule la hiérarchie des nations, déplace les populations, subit le dérèglement climatique, les économies nationales, la stabilité politique des Etats, bouleverse la vie des populations et génère des guerres.

Une mondialisation malheureuse et violente, dans laquelle la guerre colonise des régions entières et dans laquelle le fanatisme jaillit et se répand, gommant nos certitudes et bousculant notre manière de voir.

Il nous faut désormais la regarder en face et l’affronter sur notre territoire. Et pas seulement sur le plan économique. Pas seulement sur le plan environnemental. Pas seulement sur le plan de la menace terroriste, que nous connaissons hélas encore, mais en faisant face à des hommes et des femmes, qui viennent frapper à notre porte et qui attendent une réponse.

C’est, j’en suis convaincu, par l’organisation et la maîtrise des conditions d’accueil que nous garantirons le respect de la dignité des réfugiés qui se présentent à nous.

Voilà ce à quoi nous renvoie le drame des réfugiés.  

Alors, comme toujours, il y a deux manières de répondre à cette situation :

  • soit attiser les peurs, soit faire appel au cœur.
  • soit pratiquer l’amalgame et l’approximation, soit décrire les faits et les éclairer.
  • soit piétiner et nos valeurs et nos traditions, soit les respecter pour s’y appuyer et construire une politique conforme à notre identité.

C’est cette deuxième attitude que la majorité socialiste a choisie. Elle nous conduit à définir des orientations et de recueillir l’adhésion de nos concitoyens et de nos élus.

Des Françaises et aux Français qui se mobilisent, et à qui il faut rendre hommage, au sein de leur quartier, de leur ville, via les réseaux sociaux et les associations, avec leurs voisins et leurs amis.

Cet hommage, il doit être également rendu aux maires, aux villes solidaires et à l’ensemble des élus des collectivités locales qui se mobilisent pour accueillir, nourrir, loger et permettre l’insertion des réfugiés.

Mais par-dessus tout, ayons une pensée pour toutes celles et tous ceux qui ont commencé le voyage et sur lesquels la Méditerranée s’est refermée. A leur famille et à leurs proches, nos condoléances et l’expression de toute notre compassion.

Ces nouvelles orientations à définir, elles se posent tout d’abord à l’échelle européenne. La question des migrants fait apparaitre une césure qui n’est plus uniquement entre le Nord et le Sud mais entre l’Est et l’Ouest.

Cela me semble tout aussi dangereux pour la stabilité et la cohésion de l’Union européenne. L’union à laquelle nous appartenons ne se réduit pas à un espace de libre échange et n’est pas régie par la seule et unique règle de la concurrence libre et non faussée.

Elle est avant tout un espace de solidarité, construit autour de cette valeur cardinale du contrat passé entre les Etats membres de l’Union. C’est cette pierre angulaire de la solidarité qui fait la cohérence, la force et l’audace du projet européen. On ne s’exonère pas du devoir de solidarité.

Bien sûr, certains pays font face à un afflux de réfugiés qui dépasse leurs capacités d’accueil ou ont une histoire et une culture nationales qui en font des nations moins ouvertes puisque n’ayant jamais été des terres d’accueil et d’immigration.

Il n’en reste pas moins que les capacités d’accueil et les cultures nationales n’excusent pas tout : ni les propos d’exclusion, ni l’évocation des religions, ni les gesticulations et le déploiement de clôtures et de barbelés aux frontières !

Les murs, où qu’ils soient dans le monde, ne résolvent jamais rien, l’histoire nous l’a suffisamment enseigné.

Ce dont nous souffrons en réalité, une fois de plus, ce n’est pas du trop d’Europe mais du manque d’Europe. Il ne s’agit donc pas de dénoncer les accords de Schengen mais de les renforcer car aujourd’hui Schengen est plus un principe qu’une politique.  

Face à l’afflux de réfugiés, nous devons nous doter des moyens permettant de faire respecter nos frontières, d’accueillir dignement les demandeurs d’asile et d’établir un mécanisme permanent de relocalisation des demandeurs d’asile.

Et au-delà de l’Europe, le sort des réfugiés concerne le monde entier. Le président de la République a plaidé pour l’organisation d’une conférence internationale sur les réfugiés. Celle-ci doit aboutir pour que chacun prenne sa part.

Cette politique que je soutiens, que nous soutenons au Groupe Socialiste à l’Assemblée ne sacrifie ni l’Europe, ni la solidarité, ni la responsabilité qui doivent être les nôtres ni le respect de la dignité des personnes.