CULTURE – OFFRE CULTURELLE FRANCOPHONE

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Le gouvernement souhaite « mieux [mettre] en valeur la création française », en demandant aux radios privées une plus forte diversification des chansons francophones diffusées (F. Pellerin, 28/09/15). « Il y a dans la loi une disposition qui vise à promouvoir la diversité de l’offre culturelle francophone sur les radios. [Si] cette loi existe déjà, elle n’est pas appliquée dans l’esprit [voulu par] le législateur » (F. Pellerin, 28/09/15). Les radios ont l’obligation de « diffuser 40% de chansons francophones à la radio » (F. Pellerin, 28/09/15). Cette obligation, bien que respectée se limite à une « rotation des mêmes titres ». Il ne s’agit en aucun cas d’une loi liberticide, les radios peuvent fournir un effort supplémentaire en faveur de la création musicale francophone en passant « 2 ou 3 titres supplémentaires » (F. Pellerin, 28/09/15).

La chanson francophone s’est rarement aussi bien portée au plan artistique, elle a rarement été aussi fragilisée au plan économique. C’est ça le problème. Et les radios commerciales aujourd’hui sont devenues une partie du problème alors qu’elles sont une partie de la solution comme les antennes de Radio France, et de beaucoup de radios privées, qui jouent le jeu de la diversité, de la francophonie, des nouveaux talents.

Certaines radios commerciales ne jouent plus le jeu de la diversité :

– Entre 2007 et 2014, la programmation francophone a chuté d’un quart (Observatoire de la Radio/Yacast) 

– En 2014, sur 6.700 titres produits chantés en français, 1200 ont été envoyés aux radios (80% ne sont pas envoyés, sacré écrémage).

– Sur les réseaux jeunes, 10 titres chantés en français ont représenté 75% de leur diffusion de nouveauté francophone. Donc concrètement, les radios commerciales font 75% de leurs obligations avec 1% des titres reçus.

– 50 titres nouveaux francophones par an passés sur les radios commerciales en tout.

Pourtant, la radio reste le 1er prescripteur de nouveautés musicales : 59% des Français disent y découvrir les nouvelles chansons et les nouveaux artistes (sondage Ipsos nov 2013).

En 2007, une nouveauté sur 4 était francophone. En 2014, une sur 10. Cherchez l’erreur ?

La programmation d’une radio commerciale aujourd’hui c’est 30 titres, 20 en anglais, 10 en français. Ce que l’amendement visé dans le projet de loi culture et patrimoine leur demande, c’est 11 ou 12 titres à choisir en toute liberté par les programmateurs des radios parmi 6.700 titres.

Défendre son répertoire national, défendre sa langue, c’est une idée moderne, et même pas francophone : c’est l’Australie qui a inventé la première des quotas pour les artistes locaux en 1942. En Europe, des pays comme le Portugal, la Norvège ou la Slovénie ont des quotas radio. Il s’agit donc de préserver la créativité francophone pour valoriser de nouveaux talents.