Cérémonies de commémoration du 11 novembre à Londres

Je me suis rendu à Londres mercredi dernier pour assister aux Cérémonies de Commémoration du 11 novembre.

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L’enjeu de ces commémorations, comme des grandes dates où les Français renouent avec le passé et avec leur mémoire commune, est de permettre une réflexion renouvelée sur le présent, sur le sens de l’engagement citoyen, sur l’attachement à la Nation. Cette démarche doit s’adresser avant tout aux jeunes générations, elles qui n’ont pas connu la guerre, pour qui la paix semble acquise à jamais. Transmettre la mémoire aux jeunes générations est notre responsabilité collective.

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C’est donc avec émotion que j’ai participé, aux côtés d’Axelle Lemaire, Secrétaire d’État au numérique, Mme Sylvie Bermann, Ambassadeur de France à Londres, The deputy of the Lord Mayor of Westminster et Morgane Marot, Conseillère consulaire, à la Cérémonie de Commémoration au pied de la statue du Maréchal Foch, sur Grovesnor Gardens. La chorale du lycée Charles de Gaulle a montré ses talents lors de cette cérémonie permettant d´avoir une commémoration franco-britannique de toutes les guerres. C´est d ´ailleurs cette universalité tragique que nous ressentons encore plus lorsque nous vivons à l´étranger et que nous voyons la montée des nationalismes xénophobes.

Lors de cette cérémonie, Axelle Lemaire est intervenue:

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Le 11 novembre 1915, il y’a cent ans, la France, l’Europe et une partie du monde sont engagées depuis près de quinze mois dans ce qui aillait devenir la Première Guerre mondiale, la Grande Guerre.

Les combats s’intensifient dans les territoires français, en Champagne, en Artois, dans les Vosges et sur le front d’Orient: l’année 1915 sera la plus meurtrière de tout le conflit.

Au cours de l’année 1916, la France va connaitre deux batailles qui marqueront à jamais ses paysages et les familles de millions de soldats: à Verdun, où sont tombés des combattants Français venus de métropole, d’Outre-mer et des anciennes colonies et dans la Somme, où des Britanniques, des Sud-Africains, des Australiens, des soldats de l’armée française, avec des pertes considérables qui atteignent le million de soldats tués.

Dans la mémoire collective des nations qui se sont affrontées, ces deux batailles sont aujourd’hui le symbole ultime de la violence industrielle et de la mort de masse dans la Grande Guerre. 

Cent ans après, la France rendra un hommage solennel aux combattants français et de tous les pays belligérants venus combattre sur notre sol durant ces terribles batailles. Les cérémonies qui se sont étalées sur toute l’année, nous ont invité à nous replonger dans ses souvenirs familiaux et à y retrouver l’empreinte qu’a laissée la Grande Guerre dans la mémoire locale nationale et internationale, mais aussi à mesurer à quels extrêmes le nationalisme et l’impérialisme ont conduit l’Europe et le monde il y’a un siècle.

Le 1er juillet 2016, la France et le Royaume-Uni organiseront ensemble une cérémonie au mémorial de Thiepval, où les britanniques connurent l’une des plus grande tragédie militaire de leur histoire. Dix mille invités en provenance des cinq continents rendront hommage aux morts de la bataille de la Somme, en présence des hautes autorités des nations du Commonwealth, du Royaume-Uni, de la France et de l’Allemagne.

Réunis devant la statue du maréchal Foch, nous célébrons ici ce souvenir. Souvenir qui doit perdurer et se transmettre, alors même qu’il y’a 100 ans une loi décidait pour la première fois de ne pas envoyer les soldats tombés dans l’anonymat des fosses communes, mais de leur réserver hommage et dignité par le droit à une sépulture. Ces tombes doivent rester dans la mémoire des familles et de la nation, pour le souvenir, et pour la paix. Car c’est aussi la paix que nous voulons célébrer, celle qui faisait dire au Maréchal Foch en 1919, dans un élan réaliste et amer « ce n’est pas une paix, c’est un armistice de 20 ans ». Cette paix que voulait aussi Helmut Schmidt, qui nous a quitté hier mais dont le message reste vivant: celui d’un père fondateur d’une Europe de la confiance entre les nations, consciente des valeurs humanistes qui la portent, refusant le repli sur soi. 

Cette même paix que nous avons le devoir de transmettre aux générations futures, à l’image des élèves du Lycée Charles de Gaulle venus aujourd’hui, que le gouvernement remercie de leur présence.

Aujourd’hui encore, des femmes et des hommes se battent pour défendre les libertés, au Sahel, en Irak, en Centrafrique. Sur le territoire national aussi, ils veillent chaque jour sur nous, alors les menaces terroristes sont si fortes. Nous ne devons pas sombrer dans le fatalisme et l’angoisse mais bien prendre appui sur le passé, pour trouver l’unité dans laquelle réside notre force, plonger dans la mémoire collective pour forger un destin européen qui doit rester commun.

Vive la république, et vive la France !

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Nous avons été ensuite accueillis par Mme l’Ambassadeur à la Résidence de France pour la remise de la Légion d’Honneur aux vétérans britanniques. Axelle Lemaire et Mme l’Ambassadeur se sont exprimées à tour de rôle puis ont remis la Légion d’Honneur aux vétérans anglais. L’émotion était palpable, j’ai été très honoré de voir ces combattants anglais recevoir la plus haute distinction honorifique française. Cette cérémonie fut à l’image de notre amitié franco-britannique.

J’ai pu m’entretenir avec Olivier Renard, Président de l’Association du Souvenir Français, Marie Brousseau-Navarro, Consul Honoraire à Cardiff ainsi qu’avec les militaires qui ont participé à cette Cérémonie solennelle.

Le soir je me suis rendu à un pot réunissant des membres de l´association Français du monde pour évoquer l´actualité législative et sociale en France.

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Je suis très heureux d’avoir fait le déplacement à Londres pour ce moment de recueillement essentiel pour le sentiment de solidarité intergénérationnelle dont nous devons faire preuve.