2ème infolettre du mois de novembre 2015

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Choc, guerre, état d’urgence….Un lexique dont nous nous serions bien passés et qui traduit l’état de notre pays après ces terribles événements du 13 novembre.

Tout s’est enchaîné très vite avec des décisions politiques lourdes de conséquences. Jamais je ne me serais imaginé me retrouver au Congrès de Versailles pour avoir à écouter l’allocution du Président de la République. Si la prorogation de l’état d’urgence me paraît nécessaire pour agir efficacement sous le contrôle du Parlement, une révision constitutionnelle a minima me semble inappropriée pour l’instant.

Le rapporteur du projet de loi sur l’état d’urgence, Jean-Jacques Urvoas entamait son discours à l’Assemblée en citant Jean-Jacques Rousseau: tout régime politique qui n’a pas anticipé des états de crise et d’urgence, est condamné à disparaître. Il importe que la continuité entre cette prorogation et l’Etat de droit soit ménagée, c’est dans cet esprit que le Parlement est associé pour évaluer concrètement le résultat des perquisitions en cours et constater éventuellement les abus. On ne peut pas faire comme si rien ne s’était passé, mais il est évident que cet état ne suffira pas à faire reculer la menace terroriste.

Dans cette mondialisation, les bouleversements géopolitiques en cours au Moyen-Orient sont à affronter avec une politique syrienne cohérente. Le cancer est extérieur, il se prénomme Etat Islamique, mais il est aussi intérieur car il prospère sur le déclassement d’un certain nombre de zones urbaines cumulant les difficultés. Comment lutter efficacement contre la radicalisation?

La réponse n’est pas individuelle, mais collective. La puissance publique reste dans ces moments difficiles un repère à préserver.

En outre, l’Europe a vu en quelques heures les frontières réapparaître soudainement mettant presque un terme à l’accord de Schenghen qui a duré trente ans.

Allons-nous définir le projet européen ou revenir aux Etats-nations? L’entre-deux n’est plus tenable, il faut dès à présent travailler pour que peu à peu nous puissions redéfinir un projet européen cohérent. Puisse le mot d’ordre des Lumières du philosophe Emmanuel Kant « Sapere Aude (ose penser) » résonner pour accompagner cette période difficile

Je demeure à votre écoute par courriel à cpremat@assemblee-nationale.fr ou sur les réseaux sociaux. Mes collaborateurs parlementaires à Londres et à Paris restent eux aussi à votre disposition.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat

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