Photos retouchées dans les publicités et anorexie / Ma question écrite à Marisol Touraine

J’ai souhaité en janvier 2015 attirer l’attention de Mme la ministre des affaires sociales, de la santé et des droits des femmes sur le développement des conduites alimentaires à risque et les cas d’anorexie se multipliant dans notre pays. La publicité a un impact sur la perception du corps par les jeunes filles notamment. L’utilisation des photos retouchées donne une image idéalisée du corps féminin pouvant entraîner d’autres jeunes filles à modifier leur comportement alimentaire pour maigrir à tout prix. Une proposition de loi avait été déposée en 2009 pour imposer la mention « photo retouchée » au-dessous de chaque photo qui a été effectivement retravaillée. Cette proposition de loi avait été refusée, mais les interrogations demeurent. Il aimerait avoir son avis sur la nécessité d’indiquer les photos retouchées afin d’éviter la publicité mensongère qui pourrait avoir des effets néfastes sur le comportement alimentaire des jeunes filles.

Retrouvez ci-dessous la réponse de Mme Marisol Touraine, le 2 février dernier :

Aujourd’hui, la représentation sociale collective du corps en France érige la minceur, voire la maigreur en modèle de beauté. Ainsi, l’étude individuelle nationale sur les consommations alimentaires 2006-2007 (INCA 2) menée par l’agence nationale de sécurité sanitaire des aliments de l’environnement et du travail (ANSES) a montré que près de 50 % des femmes de corpulence normale ou mince ont suivi un régime amaigrissant pendant l’enquête ou l’année la précédant. Dans ces conditions, les pouvoirs publics ont mis en œuvre des stratégies s’appuyant sur le programme national nutrition santé (PNNS) pour éviter le développement de pathologies liées à la nutrition et pour organiser la prise en charge des patients. La loi de modernisation de notre système de santé comprend dans son titre I consacré à la promotion de la santé et à la prévention, la lutte contre les troubles du comportement alimentaire et la maigreur excessive. Plusieurs articles figurent ainsi dans la loi : la mention de « photographie retouchée » doit accompagner les photographies à usage commercial de mannequins dont l’apparence corporelle a été modifiée ; l’inscription dans le code de la santé publique de la contribution de la politique de santé à la prévention et au diagnostic précoce des troubles des conduites alimentaires, notamment en luttant contre la valorisation de la minceur excessive ; l’obligation de fournir un certificat médical de compatibilité de l’état de santé, incluant l’analyse de l’indice de masse corporelle, avec la profession de mannequin pour pouvoir exercer ce métier.

Je suis très satisfait que mes préoccupations en la matière aient bien été inscrites dans la loi de modernisation du système de santé, promulguée le 26 janvier dernier.