Les ex-présidents et leurs privilèges exorbitants: il est impératif de réformer ce système

Chaque année, près de 6 millions d’euros sont déboursés en faveur des anciens présidents de la Ve République. Ces montants sont-ils justifiés ? Ne devrait-il pas y avoir des restrictions budgétaires ou temporelles ? C’est ce que plusieurs membres de la Gauche forte, dont Yann Galut, Alexis Bachelay et moi-même souhaitons.

 

Une république exemplaire doit mettre fin aux privilèges exorbitants accordés aux anciens dirigeants de la Ve République.

Ces privilèges sont accordés dans le cadre d’un statut unique au monde qui permet de financer le train de vie de nos anciens présidents de la République. Depuis 1985, date de la publication d’un décret par le Premier ministre de l’époque, ce sont près de 100 millions d’euros qui auraient été dépensés par l’État dans ce cadre. Chaque année, les trois anciens présidents de la République coûtent 6 millions d’euros au contribuable. Tout cela sans aucune restriction budgétaire ou temporelle.

De plus, certains avantages bénéficient aussi aux membres de leur famille qui peuvent alors voyager gratuitement sur les réseaux Air France ou SNCF !

Il est impératif de passer en revue toutes les formes d’avantages fournis par la République aux anciens Premiers ministres, qui disposent à vie d’un agent pour assurer leur sécurité – chiffré par la Cour des comptes à 71.879 euros par an – d’une voiture avec chauffeur et d’une secrétaire.

Le temps de la transparence est venu

La présence d’un agent de sécurité peut se révéler nécessaire alors que les anciens Premiers ministres représentent une cible potentielle. Mais alors que plus de 15 ans se sont écoulés depuis leur sortie de fonction, est-ce toujours indispensable ? Si la protection de nos anciens dirigeants nous apparaît légitime, cette dernière doit toutefois être réglementée et transparente.

Les mêmes cadeaux dont les attributions persistent silencieusement et sans clarté peuvent être accordés aux ministres de l’Intérieur, de la Justice, de la Défense, ou encore, des Affaires étrangères.

Le temps de la transparence est venu : des agents de sécurité peuvent être justifiés compte tenu de la nature de leur poste et de la teneur confidentielle de certaines informations dont ils sont les dépositaires, mais – une fois encore – cela est-il toujours indispensable quand les fonctions en questions remontent à plus d’une décennie ?

Certains anciens ministres de l’Intérieur ont eu le courage de renoncer à leur droit au chauffeur. Il faudrait que la règle soit la même pour tous, et surtout que ces avantages soient publics et puissent faire l’objet d’un contrôle citoyen.

Réduire le nombre de députés de 577 à 450

En tant que parlementaires, nous ne pouvons pas nous exonérer de ce devoir de civisme auquel nous appelons les actuels et anciens dirigeants de la Ve République.

Nous souhaitons la réduction du nombre de députés de 577 à 450. La France est effectivement l’un des pays disposant du plus grand nombre de parlementaires par habitants. De plus, moins nombreux, les élus disposeraient alors de meilleurs moyens.

Si depuis l’affaire Cahuzac nous observons une plus grande transparence, cette dernière est encore imparfaite. Les parlementaires sont tenus de publier au début de leur mandat, les autres mandats politiques exercés et les sources de revenus externes, sous le contrôle de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. De cette manière, certains stéréotypes ont pu être remis en question.

En revanche, des progrès doivent encore être réalisés au niveau du contrôle des déclarations des parlementaires qui est faible et parfois inexistant. En effet, afin d’effectuer cet examen, la Haute autorité pour la transparence de la vie publique ne dispose que d’une vingtaine de collaborateurs.

Le gouvernement doit réformer ce système

Le montant des dépenses liées à l’entretien des anciens présidents nous apparaît totalement en décalage avec les efforts demandés à chacun dans le cadre du rétablissement des comptes publics. Longtemps, ces frais sont demeurés occultes et nous saluons le travail remarquable de notre collègue René Dosière. Toutefois, le temps des constats passés, le moment d’un sursaut civique et budgétaire est venu.

Cette absence de transparence, couplée à la réalité de privilèges exorbitants pour ceux qui ont été à la tête de notre régime, mais doivent ensuite apprendre à redevenir de simples citoyens, nourrit les populismes et la suspicion.

Le président de la République a lancé le chantier de la République exemplaire. Mais la lutte contre le cumul des mandats, la transparence du patrimoine des élus sont insuffisants pour redonner confiance dans le fonctionnement de nos institutions. Nous appelons le gouvernement à poursuivre ce chantier en réformant en profondeur ce système unique au monde.

Retrouvez la tribune complète sur Le Plus du Nouvel Obs.