Infolettre mars 2016

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

« To leave or not to leave », la question du Brexit est dans toutes les têtes et devient pesante. J´ai pu le mesurer lors de mes derniers déplacements en Écosse et en Angleterre et dans les différentes permanences organisées. Vous êtes nombreux à m’avoir fait remonter vos inquiétudes et votre frustration de ne pouvoir participer à ce référendum du 23 juin qui peut changer un certain nombre de choses dans votre quotidien au Royaume-Uni.

Les négociations du dernier sommet européen ont été particulièrement délicates avec l’utilisation du référendum comme contrainte permettant d´obtenir des dérogations et une Europe à la carte. Au-delà des arguments présentés, il faut avoir à l’esprit l´histoire de la Grande-Bretagne au sein de l’Union européenne. La France avait refusé par deux fois son entrée avant que cela ne se fasse. Il existe incontestablement des divergences de vue entre la Grande-Bretagne et le continent européen, mais il serait dommage que nous passions à côté d´un fair debate. Pour cela, il faut absolument dans le débat valoriser ce que la Grande-Bretagne peut apporter à l´Union européenne pour accéder à des arguments de qualité. Si la relation de la Grande-Bretagne à l’Union européenne est toujours présentée de manière négative, comment convaincre les Britanniques de choisir de rester dans le projet européen? Il importe de faire émerger tous les arguments rationnels en évitant de discréditer la position du camp d’en face pour que ce débat soit utile en Europe au-delà du Royaume-Uni. Il est évident que le projet européen doit être redéfini pour retrouver de la force et faire face à tous les défis géopolitiques actuels. On a tendance à oublier trop facilement ce que la coordination des politiques européennes apporte en termes de partage d´information et de protection des citoyens et de leur mobilité.

Vous m´interrogez également sur les conséquences qu´un Brexit aurait sur la vie de nos compatriotes au Royaume-Uni. Là encore, ne dramatisons pas à outrance: si les Britanniques faisaient ce choix, ils auraient certainement un statut de partenaire privilégié et la présence officielle française serait consolidée. Il y aurait inévitablement des conséquences économiques, commerciales et administratives (sur les permis de travail par exemple), mais cela ne signifierait pas un repli total. Nous avons par ailleurs une coopération bilatérale très forte sur le plan de la défense, de la sécurité, coopération qui montre également que le Royaume-Uni a toujours eu une place spécifique au sein de l’Union européenne. Puissions-nous discuter, persuader nos amis britanniques que nous pourrons plus facilement régler certaines questions ensemble au sein du projet européen. Le Brexit serait un mauvais signal pour le reste de l’Union européenne, militons pour un Britin!

Avec mes sentiments dévoués,
Christophe Premat

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