Compte-rendu du conseil d’administration de l’AEFE

Le 15 mars dernier, j’ai assisté au conseil d’administration de l’AEFE en y présentant mon rapport défendu devant la Commission des affaires culturelles de l’Assemblée nationale en décembre dernier.

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Ce fut l’occasion de rappeler la position du Parlement lors de l’examen des articles du projet de loi de finances 2016 portant sur les crédits de la mission de l’action extérieure de l’Etat. J’ai indiqué que le contrat objectifs moyens (COM) 2016-2018 est le dernier que l’on peut avoir en ne choisissant pas d’option. Soit l’AEFE souhaite remplir ses missions en ayant les moyens de ses ambitions et si le budget diminue, il faudrait alors redéfinir certaines priorités du réseau ; soit on construit en anticipant une stratégie différenciée avec une réponse européenne à l’enseignement du français avec davantage de bilinguisme et une réponse francophone dans les pays où nous sommes présents et notamment ceux qui ont un lien avec la francophonie.

Le bilinguisme implique une série d’expérimentations en passant par des partenariats privés publics pour pouvoir in fine toucher le système public du pays de résidence. L’espace européen de l’éducation gagnerait à s’appuyer sur une mutualisation des réseaux de quelques pays européens, c’était l’une des préconisations du rapport Perret défendu lors de ce conseil d’administration. La francophonie vit d’initiatives concrètes, il existe des pays qui seraient intéressés par davantage de coopération entre nos systèmes éducatifs. Il ne faut pas oublier que le réseau a une double mission, celle de scolariser des publics français en mobilité et celle d’étendre notre influence en attirant des publics locaux. En aucun cas, le réseau de l’AEFE ne doit demeurer un simple réseau d’élèves français de l’étranger.

Je rappelle que le réseau de l’enseignement français à l’étranger rassemble trois types d’établissements qui ont en commun de bénéficier d’une homologation du ministère de l’Éducation nationale. Les 74 établissements en gestion directe (EGD), pilotés directement par l’AEFE, et les 156 établissements conventionnés, liés à l’Agence par une convention leur permettant de bénéficier d’importantes subventions en contrepartie d’engagements pédagogiques très précis et exigeants, forment le cœur du réseau. Autour d’eux gravitent les 264 établissements partenaires, en totale autonomie de gestion et sans aide financière de l’État autre que des actions de formation des enseignants et des services d’ingénierie pédagogique et dont l’homologation repose sur un contenu pédagogique fondé sur des programmes et des standards français, ainsi que sur le respect d’une Charte revue en 2013. Il y aura besoin d’une réforme prenant en compte cette stratégie différenciée en fonction des types d’établissements et des contrats des personnels. C’est en croisant publics, structures et personnels de la meilleure des manières que l’on pourra concrétiser cette stratégie.