Infolettre Avril 2016

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Fin de partie. La révision constitutionnelle n’a pas eu lieu, le Parlement a exercé ses prérogatives et rappelé toutes les difficultés de ce type de mesures. On ne change pas la Constitution sous le coup de l’émotion, c’est un cadeau trop beau donné à ceux qui veulent nous diviser et renverser nos valeurs.

J’aurais tant aimé que nous travaillions collectivement sur un projet de révision constitutionnelle plus ambitieux avec un débat de fond sur l’état de nos institutions. Le bicaméralisme est-il adapté à notre temps? Faut-il conserver notre système semi-présidentiel ou au contraire l’aménager? Le mode de scrutin est-il également à réformer en introduisant la proportionnelle, ce qui constitue un vieux débat?

Même si le politologue Maurice Duverger avait montré que le changement de mode de scrutin impliquait un changement de mentalité institutionnelle, je pense que nous ne pouvons pas réduire le débat institutionnel à cet unique aspect.

Nous avons besoin de retrouver le chemin de la négociation politique collective avec des partis ayant un rôle propre de formation et de débat; or, ce rôle est annihilé par la vitesse du quinquennat, les décisions sont plus solitaires et hasardeuses que jamais contrairement à ce qui passe dans les pays d’Europe du Nord.

La politique n’est-elle pas l’art du compromis, celui de tenter des coalitions fondées sur des négociations serrées? Jacques Ellul avait prédit depuis une trentaine d’années l’évolution de nos systèmes politiques vers des formes de populisme médiatique. Il est temps, devant de telles difficultés, de porter une voix plus forte dans le débat pour proposer des idées, une boussole et de préparer une évolution de nos institutions avant que la crise de régime ne se termine dans la violence. Espérons que les mois à venir pourront nous réserver une passion pour le débat démocratique pour que nous puissions confronter nos idées sur la manière de faire participer les gens à la politique

Avec mes sentiments dévoués,
Christophe Premat

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