Comment les sociétés démocratiques peuvent-elles réagir au terrorisme? Retour sur ma conférence à Stockholm

Le 11 avril dernier, à l´invitation de l’AMOPA en Suède, j´ai eu le plaisir d´animer une conférence sur le thème « démocratie et terrorisme ». Comme le répétait l´écrivaine nigérianne Chimamanda Ngozi Adichie, il est important de ménager une perspective plurielle sur les événements, non pas pour se singulariser, mais pour avoir une distance critique nécessaire vis-à-vis des événements.

Le terrorisme n’est pas un phénomène nouveau, il consiste à diffuser un sentiment de terreur sur un territoire (il a d´ailleurs la même étymologie que ce dernier terme) au moyen de meurtres pouvant toucher n´importe quel citoyen. La France a connu par le passé des vagues de terrorisme, comme en 1995 avec les attentats perpétrés au nom du GIA à Paris et le détournement d´avion à Marignane. Le terrorisme inscrit des dates traumatiques dans notre calendrier historique (7 janvier, 13 novembre) et il importe de réfléchir non pas pour expliquer, mais pour comprendre les motivations de ces actes barbares et lâches puisqu’ils touchent des gens sans défense.

La réponse est du côté de la Syrie avec un territoire que les civils fuient comme ils peuvent et qui se repeuple par l’afflux de djihadistes internationaux habités par le rêve de reconstituer un califat nouveau. Il y a quelques années, nous étions tous enthousiastes face au printemps arabe et à la chute de certains régimes autoritaires. Aujourd’hui, à part l’exemple exceptionnel de la Tunisie, tous ces pays vivent une transition difficile voire impossible. Nous avons plutôt des débris d´États fragiles voire des zones conflictuelles où le terrorisme s’installe. La transition territoriale n´est pas achevée et fait l’objet d´une lutte sans merci entre des régimes moribonds et des mouvements politiques extrémistes.

On ne peut pas refaire le monde à son image. Si par le passé l’idée d´une union méditerranéenne était intéressante, elle ne pouvait pas évoluer vu les acteurs en place. En revanche, l’Europe a besoin d´une politique de voisinage pour aider cette zone à se reconstruire avec des partenaires internationaux.

En France, ces attentats ont soulevé un traumatisme sans précédent alors même que les politiques avaient pris la mesure de la menace en concoctant plusieurs lois antiterroristes en 2014 et en adoptant le projet de loi sur la modernisation de notre système de renseignement. Une réflexion a été menée sur le devenir de ces terroristes et le fait d´en avoir capturé vivants est une très bonne chose.

L’analyse des causes de la radicalisation nous ramène à une série de facteurs nuancés qu’il faut prendre en compte pour prévenir ce type de comportements. Le partage d’informations, des systèmes de surveillance ingénieux et moins bureaucratisés sont les clés pour lutter contre le terrorisme sans que nous ayons besoin de renoncer à nos idéaux. Il y a effectivement un juste milieu entre la protection des libertés publiques et la sécurité. Nos sociétés sont et doivent rester vulnérables, la tentation sécuritaire ne peut en aucun cas remplacer la conception d´un projet social.