Infolettre du 9 mai

Retrouvez l’intégralité de l’infolettre ici.


Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

« Le compromis, ce n’est pas un subtil équilibre, un entre-deux, un médiocre point moyen. Le compromis, c’est tout l’inverse, c’est une volonté, c’est tenir son axe avec ténacité, suivre son cap avec solidité et convaincre avec sincérité” déclarait le Président François Hollande le 3 mai dernier en concluant un colloque sur ”la gauche et le pouvoir”.

La gauche confrontée à l’épreuve du réel se doit de définir de nouveaux droits, d’inclure toujours plus en modernisant notre économie. Droit individuel à la formation, compte pénibilité et bientôt un compte personnel d’activité. Le compromis dépend de l’arbitrage politique, de ce que l’on peut gagner à une époque dominée par des contraintes économiques fortes.

L’objectif du projet de loi sur le travail est de faire le pari de définir de nouveaux droits grâce à la présentation d’un compte personnel d’activité (CPA). Ce CPA serait pour moi une manière d’inclure la trajectoire professionnelle des individus et en particulier ceux qui ont exercé une partie de leur carrière à l´étranger; c’est d’ailleurs en ce sens que j’ai cosigné les amendements déposés par mon collègue Philip Cordery sur ce sujet.

Ce projet de loi demeure bancal car il n’a pas l’assise suffisante pour que le dialogue social puisse évoluer. Il faut une affiliation syndicale forte pour que les partenaires sociaux puissent rechercher un accord juste. Le compromis doit pouvoir se décentraliser pour être au plus près des réalités de terrain. Le compromis s’exprime également sur les affaires européennes. Avec la menace d’un Brexit même si quelques bonnes nouvelles dont l´élection d´un maire pro-européen à la tête de Londres montrent que la campagne s’équilibre, le projet européen peut se déliter.

Rester sur la défensive serait une erreur, le président Hollande s’est engagé à faire des propositions fortes sur le projet européen dès le lendemain du vote britannique avec en particulier la question d´un Parlement de la zone euro dans le cadre du Parlement européen et un budget d’investissement propre à la zone euro. En ce 9 mai, anniversaire de la déclaration de Robert Schuman, nous pourrons lutter contre ces forces centrifuges et la tentation du repli sur soi. Les crises successives révèlent un besoin d’Europe, d´une régulation capable d’atténuer les effets nocifs d’une mondialisation injuste où des transnationales disposent d’une puissance économique supérieure à celle de certains marchés nationaux.

Avec mes sentiments dévoués,
Christophe Premat