Infolettre du 06 juin

Retrouvez l’intégralité de l’infolettre ici.

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

État d´urgence sécuritaire, social et écologique, le scénario des vœux 2016 du Président semble se préciser. Avec les mouvements sociaux liés à la loi Travail et les crues exceptionnelles de ces derniers jours, on ne pouvait  espérer une fin d´année aussi alarmante. Dans le film Submersions réalisé par Olivier Sigaut en 2015 et auquel j’ai apporté une participation dans le cadre de ma réserve parlementaire 2015, il est clairement montré la relation entre le réchauffement climatique et les effets sur les crues. Une bonne partie du territoire français est submersible, ce qui m’avait conduit à proposer un amendement lors du projet de loi de révision constitutionnelle sur l’élargissement de l’état d´urgence aux états de catastrophe naturelle d’une part pour améliorer la prise en charge des sinistrés et d´autre part parce que ces catastrophes mobilisent nos forces de sécurité d´une autre manière.

Nous avons également un certain nombre d´îles (l´île de Ré en est un exemple) qui pourraient également être les premières à souffrir de ce risque de submersion. La Suède a d´ailleurs ouvert une ambassade en 2012 sur les îles Tuvalu dans le Pacifique, îles condamnées à disparaître d’ici quelques années. Nous avons un peu vite oublié cette conférence de Paris en décembre 2015 en plein état d´urgence et qui avait fixé une feuille de route ambitieuse pour diminuer significativement l’émission des gaz à effet de serre. Ces derniers mois, le gouvernement s’est activé pour intervenir sur l’agenda international de mise en application de cet accord. La diplomatie climatique est essentielle en ce que les États doivent contribuer à des politiques publiques efficaces en la matière et financer davantage la recherche sur la protection des zones humides et de la biodiversité.
Ce qui m’inquiète actuellement est la futilité du débat public restant prisonnier de questions secondaires et nous détournant de l´attention au fondamental, l’urgence climatique. C’est là-dessus qu’il y a un cap à redresser pour alimenter les futurs projets politiques liés à l’avenir de notre pays. Les primaires de la droite proposent un spectacle décalé:  concurrence de candidats, programmes de surenchère gestionnaire allant du néolibéralisme mou au darwinisme pur et dur, idéalisation béate de l’entreprise, mais peu sur l’alternative social-écologique à construire.
Il manque pourtant un espace, celui de l’éducation populaire aujourd’hui captée par des think tank recyclant des responsables politiques en mal d’audience. L’éducation populaire à l’environnement et aux enjeux de la société numérique pourrait être utilement lancée pour participer aux débats sur les biens communs. À l’heure où le ballon rond tentera de réconcilier les citoyens avec l’internationale des marchés financiers, j’émets le vœu estival d’une éducation populaire à l’environnement et je vous transmettrai à cet effet le lien du film qui pourrait être utilisé dans les écoles et les lieux culturels.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat