Infolettre du 20 juin

Retrouvez l’intégralité de l’infolettre ici.

Les mots peuvent être comme des ”capsules de poison” écrivait Nathalie Sarraute dans L’ère du soupçonLes événements de la semaine passée ont montré une conjonction de violences importantes avec un acte terroriste d’une barbarie atroce, des manifestations sociales teintées de casse, des violences de supporters de football et un assassinat politique au Royaume-Uni. Dans l’affrontement des discours, le choc est privilégié à l’analyse pour mettre K.O l’adversaire dans un contexte de radicalisation des opinions aggravé par l’hypersensibilité des réseaux sociaux. La construction patiente de la norme n’est plus de règle et a cédé la place à une guerre de positions et de classements sociaux. L’examen en commission spéciale du projet de loi « citoyenneté et égalité » vise justement à impliquer les citoyens dans la politique et l’administration de la chose publique. On lutte contre les discriminations et on souhaite installer un espace public où les opinions se discutent et se confrontent. Education populaire, logement décent pour tous, démocratie participative, lutte contre les discriminations sont les thèmes déterminants de ce projet de loi. Il me semble qu’en France la démocratie participative et associative n’a pas de réel statut en dépit de la multiplication des outils consultatifs. Je pense qu´il faut supprimer toutes les chartes inutiles ou les gadgets participatifs pour reconnaître par la loi la contribution des citoyens à la chose publique. Nous avons réfléchi à cette évolution dans le cadre d’un groupe de travail créé par Dominique Raimbourg, le « Parlement ouvert ». Comment faire participer les citoyens à la prise de décision politique sans les décourager?

La loi régule et reconnaît le privilège du système représentatif en ne favorisant pas une activité citoyenne. Il apparaît primordial de rétablir un équilibre entre les citoyens et les représentants en leur donnant les moyens de valoriser leur engagement dans la cité par le biais d’associations. En reconnaissant l’implication citoyenne et en lui donnant un statut, nous pourrons revigorer nos institutions démocratiques. J’espère vivement que les futurs débats électoraux aborderont cette thématique.