Mon entretien avec LCP sur les conséquences du Brexit sur les Français au Royaume-Uni

Boris Johnson, ex-maire de Londres et pro-Brexit, a souvent désigné la capitale britannique comme la « 6e ville de France ». Pour autant, depuis le vote de jeudi dernier, les quelques 300.000 Français qui résident au Royaume-Uni sont inquiets. Que va changer ce Brexit pour eux ? Éléments de réponse avec le député socialiste Christophe Premat, en charge des Français établis hors de France (3e circonscription).

Quelles vont être les conséquences pour les Français installés au Royaume-Uni ?

Christophe Premat : Au-delà des conséquences économiques et financières immédiates (comme la dévaluation de la Livre sterling*) les étudiants pourraient être impactés par une augmentation des frais de scolarité, des accords d’échanges différents avec les facultés. Mais cela va prendre du temps, beaucoup de temps. Pour les familles établies depuis plusieurs années, le contrat de travail, la question de la validité du visa ou encore l’allocation familiale pourront elles aussi évoluer. Pour les frais de santé, la carte de sécurité sociale européenne ne devrait plus être reconnue.

Pensez-vous que des Français vont quitter le Royaume-Uni ?

Depuis mars, je recevais de plus en plus de demandes concernant les conséquences d’un éventuel Brexit. Plusieurs personnes m’ont notamment interrogé pour savoir si elles ne devaient pas demander la nationalité britannique, mais ce n’est pas à moi de décider : c’est un choix d’adhésion pour une Nation. Mais, oui, ici, on sent que les Français installés depuis plusieurs années sont inquiets. Alors que les étudiants, souvent de passage, semblent moins préoccupés… Mais à terme, je pense que le Brexit sera un frein pour la migration française au Royaume-Uni.

Quelle sera l’issue de ce Brexit ?

La vie des Français ne va pas changer du jour au lendemain. Ma conviction, c’est que quel que soit le processus, le Royaume-Uni nouera, avec l’Union européenne, un statut de partenaire privilégié, ou une sorte de traité bilatéral. Il y aura peut-être une perte pour les Britanniques dans certains secteurs, mais en termes de droits, en termes de relation, c’est un divorce à l’amiable. […] Maintenant, il faut voir qui va négocier la sortie et dans quelles conditions…