Infolettre du 01 juillet

Une nouvelle infolettre a été publiée, disponible dans son intégralité ici.

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

La semaine écoulée n’a pas apporté beaucoup de clarification au vote britannique sur le divorce avec l’Union européenne. Elle a même été marquée par un certain cynisme politique, les défenseurs du Brexit n’assumant pas tous les arguments développés lors de la campagne référendaire. L’ex-maire Boris Johnson, chantre du Brexit, s’est soudain souvenu qu’il y avait des pro-Bremain et qu’il fallait représenter tout le monde. Traduisez par, nous ne voulons pas de réel divorce, seulement les avantages du marché européen. La politique anglaise brille par sa volonté de dérogation permanente et pourtant les Européens ont besoin de la Grande-Bretagne tout comme le contraire. Alors, comment édicter les règles du divorce? Il y a bien un vote démocratique net à respecter.

Devant un agenda confus, la position de la France est claire: il faut respecter le vote britannique, envisager un divorce à l’amiable rapide pour continuer à avancer. Rien ne serait pire qu’un statu quo et un long processus donnant en miroir l’effet d’une sortie impossible de l’Union européenne. Rappelons que l’article 50 n’impose pas à l’Union européenne de négocier avec l’Etat-membre les conditions de sa sortie. C’est l’Etat lui-même qui doit en formuler la demande. Les autres pays attendent donc du Royaume-Uni qu’il formule une demande explicite de retrait. Cette demande ne sera pas portée par David Cameron, c’est donc le parti tory qui tient en otage la suite du processus européen. Le Premier Ministre a rappelé le 28 juin dernier devant l’Assemblée la position de clarté de la France quant au retrait britannique. Certains d’entre vous ont réagi en demandant à ce que le gouvernement ne soit pas aussi radical. En réalité, il s’agit de respecter le vote démocratique pour qu’on ne perçoive pas l’Union européenne comme un système bureaucratique incapable d’avancer.

S’il y a de la clarté, elle le sera également pour les populations résidant en Grande-Bretagne. Le Brexit veut donner un coup de frein à la migration au Royaume-Uni, il aura des effets sur les futures mobilités, mais il ne remettra pas totalement en cause le cadre de vie des populations établies en Grande-Bretagne. Je vous informerai régulièrement sur les conditions administratives de ce Brexit (permis de travail, allocations familiales, frais de scolarité pour les étudiants, retraites) mais tant que la situation politique ne sera pas clarifiée, les mesures administratives ne seront pas édictées.

Au moins, la nationalité française est encore un plus dans ce contexte car elle maintient un lien consubstantiel à la citoyenneté européenne. Les partisans du Brexit n’ont jamais envisagé l’ensemble des conséquences de ce retrait qui impliquerait une régression juridique puisqu’il faudrait que la Grande-Bretagne recrée un droit correspondant à un droit antérieur au droit européen. Lorsqu’on sait que 80% du droit est de source communautaire, on voit le travail qui attend ou qui attendrait les autorités pour assumer cette décision.

Le vote a eu lieu et le Brexit n’est pas encore pour demain, voilà ce qu’il fallait retenir de cette semaine politique.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat