Infolettre du 08 juillet

Infolettre disponible ici.

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Un Brexit sans visage avec des leaders démissionnant, plus à l’aise dans la posture contestataire que dans la définition des modalités de sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Après Boris Johnson chez les Conservateurs, c’est au tour du populiste Nigel Farage de déserter. La fonction tribunicienne est quand même plus confortable que la négociation point par point de toutes les conséquences de cette sortie. Il n’y a d’ailleurs pas que les 85.000 pages de traités qui sont concernées, mais également tous les indicateurs statistiques européens. Comment va-t-on mesurer par exemple les seuils des accords de Paris sur le climat? On voit bien que le robinet a été ouvert et que rien de véritablement sérieux n’a été pensé. L’Union européenne a besoin de clarté et les mois qui arrivent verront certainement apparaître un socle de négociation permettant de construire cette sortie.

J’ai eu beaucoup de réactions des Français vivant au Royaume-Uni sur la nationalité britannique, les relations bilatérales entre la France et le Royaume-Uni, les services consulaires français. Pour l’instant, ce sont les conséquences économiques et financières qui demeurent les plus concrètes avec la dévaluation de la monnaie.

L’investissement est touché également même s’il est trop tôt d’émettre des conclusions sur le long terme, puisque cette fébrilité des marchés n’est que temporaire, la nature économique a elle-même horreur du vide.

L’Assemblée Nationale va prochainement lancer une mission d’information sur le référendum britannique car nous sommes tous concernés par cette sortie envisagée. Plusieurs responsables politiques se sont succédé à Londres pour livrer leur diagnostic, les capitales européennes se positionnent pour capter une partie de la force économique de la City et certains territoires comme l’Ecosse ou l’Irlande du Nord envisagent une autonomie. Nous avons bel et bien l’impression que cette fracture a activé une géopolitique tectonique que nous ne maîtrisons pas. Faire marche arrière et refuser le résultat du vote n’est pas non plus la solution, vous êtes plusieurs à m’interpeller sur cette possibilité. Il me semble qu’une négociation raisonnée des conditions de sortie avec une équivalence des conditions administratives pour les Français résidant au Royaume-Uni serait l’issue optimale à ce Brexit. Il n’y a pas non plus de raisons d’avoir peur quand on sait l’excellence des relations bilatérales entre la France et le Royaume-Uni.

Les festivités du 14 juillet seront l’occasion de rappeler cette réalité et je souhaite saluer plus particulièrement toute la communauté française de Manchester qui se démène pour faire vibrer les couleurs francophones lors du festival d’arts et culture du 10 au 16 juillet.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat