Infolettre du 14 juillet

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Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Une fête du 14 juillet à la saveur particulière. Si les nombreux événements organisés en France et dans les institutions francophones à l’étranger donnent une vitalité à cette fête républicaine, l’année écoulée a été particulièrement dure et meurtrière. Nul doute qu’en ces moments de joie, nous ayons à l’esprit tous ces événements.

Qu’est-ce qui rassemble une nation? Le 14 juillet fait partie de ce patrimoine républicain issu de la Révolution française. Le 14 juillet 1790, les Révolutionnaires sont conscients de la nécessité d’instituer des fêtes républicaines pour inaugurer une tradition nouvelle. Ils ont à cœur de supprimer les corps intermédiaires (paroisses, corporations) qui rappellent l’Ancien Régime. La Révolution est alors essentiellement individuelle et libérale, elle est comme le dit Pierre Rosanvallon générale puisque l’individu se trouve dans un face à face abstrait avec l’Etat. Il acquiert le vote, d’abord censitaire, puis universel et masculin puis réellement universel. Cette révolution du nombre fait que paradoxalement son pouvoir est moins fort qu’avant. Alors que par le jeu des solidarités locales, les individus de l’Ancien Régime pouvaient sentir leur influence concrète, l’individu post-révolutionnaire se trouve désincarné avec moins de possibilités d’influence, la loi Le Chapelier ayant relégué les corps intermédiaires à une forme de conspiration.

Les soubresauts récents de la loi Travail traduisent ce mal français, cette difficulté à organiser des accords consensuels entre des partenaires sociaux qui demeurent faiblement représentatifs. Comment accepter une décentralisation des normes du travail au niveau de l’entreprise si on ne définit pas mieux la place des partenaires sociaux et des professions? Faut-il continuer à individualiser la relation au travail avec des droits nouveaux et par conséquent une complexité juridique croissante? Ces questions montrent que la notion même de travail a évolué et qu’il faut plutôt considérer l’activité humaine et pourquoi pas réfléchir à un revenu universel minimum comme c’est le cas dans certains pays d’Europe du Nord. Chaque individu a des activités multiples qui ne se ramènent pas toutes à du travail évaluable. Puissions-nous progresser sur la voie de ce revenu pour simplifier les normes existantes en retrouvant le sens ces corps intermédiaires, tel est le message de ce 14 juillet pour continuer cette Révolution inachevée.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat