Infolettre du 05 août

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Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Terrorisme, Brexit, il n’y a pas eu de pause estivale. Pour un peu, on en aurait oublié le climat qui est pourtant la question essentielle des décennies à venir. On n’a guère évoqué les conséquences et le suivi de l’accord de Paris de décembre dernier. Le 20 juillet dernier, l’Assemblée Nationale a pourtant adopté un texte de loi très important sur la biodiversité avec en particulier l’interdiction des néocotinoïdes (modification du code L 253-8 du code rural et de la pêche maritime), ces pesticides qui ont un effet sur l’environnement et le réchauffement climatique. J’avais signé il y a plus de deux ans la proposition de loi de mon collègue Germinal Peiro (http://christophepremat.fr/Go/index.cfm?WL=929&WS=0_&WT=987333eb-dbb9-445d-913a-0a5c5fb0ea77&WD=207 sur ce sujet et je me réjouis que l’Assemblée ait résisté à la pression de ces lobbies qui ont également pignon sur rue près de Bruxelles pour influencer la législation européenne en la matière. A cette occasion, j’ai une pensée toute particulière pour l’Institut français d’Oslo et son directeur qui avaient installé dans le jardin de l’Institut une ruche sculptée pour appeler l’attention du public sur la question du déclin de la diversité chez les abeilles dans le cadre de la coopération culturelle autour des enjeux climatiques avant le sommet de Paris.

Les cotons tiges en plastique seront prochainement interdits à l’horizon 2020, leur utilisation polluant sensiblement les milieux aquatiques. Les peines en cas de pêche interdite d’espèces protégées comme l’anguille européenne ont été sensiblement relevées, l’Agence de la biodiversité voit son périmètre défini et la planification maritime est réinvestie comme stratégie de protection de nos fonds marins. Le Conseil Constitutionnel a été saisi deux fois, par des députés et des sénateurs et par le Premier Ministre, il faudra attendre sa réponse avant de savoir si cette loi sur la biodiversité sera appliquée dans sa totalité. Ce texte est important parce que les espèces sous-marines sont souvent encadrées par des conventions internationales sans que le périmètre législatif ne soit précisé. Depuis la grande conférence de Stockholm de 1972, le sommet de Rio de 1992 et le protocole de Nagoya en 2010, la biodiversité est considérée comme une ressource pour l’avenir, tout dépendant de la manière dont nous assumerons la gestion des fonds marins.Pour nous, vivant en Europe du Nord, dans des pays attentifs à cette question, ce projet de loi sur la biodiversité est un premier pas en espérant que notre stratégie en matière de biodiversité ne soit pas un prétexte bureaucratique de plus pour passer tranquillement à côté des enjeux environnementaux. Comme le répétait le sociologue Edgar Morin, « la Terre est notre matrie commune ». Continuons à cultiver ce beau jardin et à éveiller les consciences pour que des décisions politiques courageuses en la matière soient prises.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat