Suède: Jimmie Åkesson, la dédiabolisation version Grand Nord

Interrogé récemment par un journaliste de l’Opinion sur le parti des Démocrates suédois (DS), je suis revenu sur le contexte dans lequel leur dirigeant, Jimmie Åkesson, a réussi à faire de son parti l’une des trois forces politiques du pays, un parti auquel les sondages donnent aux alentours de 20% des suffrages aux législatives de 2018 contre 5,7% en 2010. Omniprésent depuis plusieurs années sur les plateaux de télévision, le leader nationaliste et anti-immigration tient à la fois un discours social et nationaliste en faisant campagne sur le sauvetage de l’Etat-providence, l’héritage culturel, la limitation de l’immigration et en montrant une hostilité très forte vis-à-vis de l’Union européenne jusqu’à en demander la sortie. A la manière d’autres partis xénophobes européens, le DS a joué de la crise migratoire que connaît l’Europe et nombre de commentateurs s’accordent à attribuer le rétablissement du contrôle aux frontières en novembre 2015 puis le durcissement des conditions d’octroi du droit d’asile à la pression exercée par le parti en Suède. Contrairement aux idées reçues, cette rhétorique rencontre malheureusement un écho favorable en Suède qui avait pourtant forgé une réputation de tolérance et d’ouverture.

Vous pouvez retrouver l’article paru dans l’Opinion ici.