Infolettre du 19 août

Vous pouvez retrouver ici, ma dernière infolettre.

EDITO

Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Le numérique facilite un certain nombre de démarches, c’est un poncif de le rappeler. L’administration française et les services publics facilitent la vie des administrés, d’autres réformes à venir vont renforcer cette tendance.

Vous êtes un certain nombre à m’avoir interpellé sur les délais de remboursement des impôts trop perçus (CSG-CRDS) et sur le fait que le service des impôts pour les non-résidents tarde à vous répondre. Si vous avez rempli tous les formulaires nécessaires, ce remboursement interviendra au cours de l’automne, vous êtes d’ailleurs quelques-uns à l’avoir obtenu. En revanche, ces services sont débordés par les relances par courriel et les fonctionnaires ne peuvent faire face à toutes les demandes même si vous courriels sont archivés et suivis. C’est peut-être un exemple de ce qui nous attend avec les facilités numériques : les administrés pourront réagir rapidement tandis que l’administration verra les sollicitations augmenter. L’exemple de la réforme du tiers payant pour les remboursements de soins en est un autre exemple, il y aura un impact quasi mécanique sur le nombre de demandes. Du coup, la Sécurité Sociale devra réfléchir sur la manière de les satisfaire et de prendre en charge les remboursements des soins dans les meilleures conditions.

La transition numérique implique une culture, un dialogue et un échange, elle est interaction avec le monde humain. À l’Assemblée Nationale, Jean-Yves Le Déaut a poursuivi des auditions en décembre dernier sur la relation entre la « loi et le robot ». Oui, nous pouvons moderniser les relations avec l’administration, mais le numérique ne pourra jamais signifier que nous confierons l’ensemble de nos préoccupations à des robots. Comme le soulignait en son temps le sociologue Michel Clouscard dans son ouvrage L’Être et le Code, il va falloir prendre garde à tous ces algorithmes et ces codes qui envahissent notre existence et veiller à rétablir le primat de la décision collective. N’oublions pas que les nouvelles technologies sont un véritable pharmakon au sens grec du terme, un remède et un poison en même temps. À nous de garder la bonne distance et de ne pas chercher de Pokémon là où il n’y en a pas.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat