Infolettre du 02 décembre

Je viens de publier une nouvelle infolettre. Je vous en souhaite une bonne lecture!

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Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

Quels enseignements principaux peut-on tirer des primaires ? Leur généralisation vient paradoxalement conforter le rythme quinquennal et affaiblir le ressort gaullien de la rencontre construite entre un homme et un peuple. Notre pays a besoin d’une évolution institutionnelle avec la transformation du pouvoir exécutif. Ce dernier ne peut rester bicéphale d’autant plus qu’avec le quinquennat, l’alignement des élections législatives sur les élections présidentielles a fait du Président le chef réel de gouvernement et de majorité. La fonction présidentielle est en crise en raison de cette ambiguïté fondamentale. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de voir la figure du Premier ministre renforcée. Le match des primaires de droite a vu s’affronter deux anciens Premiers ministres, comme si l’expérience de chef de gouvernement valait comme gage de légitimité présidentielle. J’ose interpréter le motif du « président normal » de François Hollande, au-delà du contraste avec l’omniprésidence de Nicolas Sarkozy, comme un signe de l’affirmation du rôle de chef de gouvernement. La France peut ressembler institutionnellement à ses voisins et entretenir un rapport moins vertical et moins frontal avec le pouvoir. Pour cela, une réforme constitutionnelle permettrait de redonner une légitimité supplémentaire au rôle de Premier ministre qui serait le chef d’une majorité issue des urnes. Le Président pourrait, comme en Allemagne ou en Italie, se concentrer sur les affaires internationales et représenter utilement la voix de la France dans le monde. L’autre possibilité serait de basculer vers un régime présidentialiste en supprimant la fonction de Premier ministre. Cela aurait le mérite de simplifier l’exercice gouvernemental et l’ordre des cabinets ministériels. Un Président avec des ministres à la place de conseillers, cela éliminerait un niveau et rendrait l’action plus lisible et plus efficace. Bien évidemment, une réforme constitutionnelle ne se limiterait pas à ce seul aspect, mais elle aurait le mérite de nous engager pour les deux décennies à venir. L’inscription des primaires dans le paysage politique révèle la nécessité de réformer le périmètre de l’exécutif.

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat