proposition de loi relative aux funérailles républicaines

La République doit, par des actes forts, réunir la raison et la passion afin que s’installe un cadre collectif durable. Selon Paul Ricoeur, qui commentait dans son ouvrage Vivant jusqu’à la mort un passage de L’écriture ou la vie de Jorge Semprún, « il fallait encore aider par une parole non médicale, non confessionnelle, poétique et en ce sens proche de l’essentiel, l’agonisant non moribond ». Il revient au législateur de permettre à la municipalité d’assurer un office civil, non confessionnel, à des défunts n’ayant pas d’appartenance religieuse particulière. Cette possibilité offerte à la République d’honorer ses morts anonymes est nécessaire en ce qu’elle permet de gommer les inégalités du monde des vivants.

L’organisation de funérailles en municipalité revêt les caractéristiques du triptyque républicain. D’une part, parce qu’elle complète le principe de liberté des funérailles et rend effective cette possibilité dans l’ensemble des communes de notre territoire. D’autre part, en ce qu’elle permet à l’État d’assurer l’égalité entre les citoyens jusqu’à la fin de leur vie. Convoquer la République au moment des funérailles est une manière de rétablir une possibilité d’élévation collective commune à tous les citoyens. Enfin, les funérailles républicaines sont l’occasion d’affirmer une fraternité laïque durant le difficile moment du deuil. Cet hommage permet la transmission d’une mémoire auprès des personnes assistant à la cérémonie, contribuant ainsi à l’unité nationale.

Au-delà, cette proposition a été pour moi l’occasion de saluer la mémoire de notre collègue Sophie Dessus qui aurait probablement adhéré à cette proposition de loi, elle pour qui la République était pleine d’idéaux, elle qui était pleine d’idées hautes. Retrouvez ci-dessous mon intervention en faveur de l’adoption de ce texte qui vient préciser un acte républicain universel, proposition que je soutiens avec la plus grande vigueur.