INFOLETTRE DU 9 DÉCEMBRE

Une nouvelle infolettre a été publiée. Bonne lecture.

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Madame, Monsieur, chères et chers concitoyens d’Europe du Nord,

En l’espace de deux semaines politiques importantes en vue des prochaines échéances électorales, nous avons assisté à l’élimination d’un ancien Président de la République et au renoncement de l’actuel locataire de l’Élysée à se présenter devant les suffrages des Français. Conscient que sa candidature ne pouvait largement rassembler, face au Front National et à la dispersion des voix, François Hollande a pris une décision inédite, courageuse et sage qui vient illustrer ce que Claude Lefort écrivait à propos du régime démocratique, à savoir qu’il est « le lieu vide du pouvoir ». Ce désir d’incarnation propre à notre monarchie républicaine doit circuler le plus vite possible. Néanmoins, les primaires suscitent ce désir de candidature dans un paysage politique éclaté. Les partis politiques ont du mal à suivre et à contenir les militants qui souhaitent autre chose. Nos partis politiques gagneraient à s’inspirer du système britannique en constituant un véritable gouvernement de l’opposition, un shadow cabinet. Ainsi, quelle que soit la coalition au pouvoir, ce gouvernement de l’opposition permettrait de suivre de manière plus précise l’agenda politique comme c’est le cas également au Mexique. Cela éviterait en fait de transformer les partis en simples réservoirs d’ambitions. Ces derniers pourraient également proposer des réformes et des contre-réformes systématiques, ce qui donnerait une stabilité au pouvoir politique.

Sur le fond, la priorité du quinquennat est la jeunesse et je pense que nous avons à construire les conditions d’une allocation pour l’autonomie des jeunes comme dans les pays scandinaves et nordiques. En effet, plutôt que de confier des allocations familiales aux parents, les jeunes pourraient eux-mêmes toucher directement une partie de cette allocation pour construire leur avenir. Congé sabbatique, possibilités de bourse, opportunités de formation tout au long de la vie, devraient être les axes d’un imaginaire structurant pour la gauche. À nous de nous emparer des échéances électorales pour élaborer les conditions de l’émancipation de la jeunesse. Comme le disait Boris Cyrulnik dans une interview donnée dans Le Monde du 7 décembre, il faut laisser des espaces pour que les jeunes rêvent et construisent un avenir original. Et si l’avenir s’écrivait avec l’alphabet de la connaissance partagée défiant tous les algorithmes ?

Avec mes sentiments dévoués,

Christophe Premat