Pour les « droits humains »

Je vous propose de retrouver ci-dessous l’appel lancé par la députée et Présidente de la Délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes Catherine Coutelle demandant à remplacer progressivement les termes « droits de l’Homme » par ceux de « droits humains », dans les textes actuels et à venir. Je suis fier d’avoir apporté ma signature à cet appel, l’égalité entre les femmes et les hommes se jouant aussi dans le langage.

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Nous, parlementaires, en appelons à la fin d’une exception. Après l’arrivée parmi les Figures de la représentation nationale d’Olympe de Gouges et, avec elle, de sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, le moment est venu pour la France de réaffirmer son universalisme en choisissant pour terminologie officielle « droits humains » plutôt que celle de « droits de l’Homme ».

L’usage de l’expression idiomatique « droits de l’Homme », exception française à la pratique internationale, crée une exclusion qui n’est pas uniquement symbolique. L’égalité entre les femmes et les hommes se joue aussi dans le langage, a fortiori dans le langage politique, légal, juridique.

Le langage permet de structurer la pensée, et le masculin n’est pas neutre : c’est du bon sens. De plus, ce qui n’est pas nommé n’existe pas : le féminin, dissous dans le masculin, n’existe pas.

Partout dans le monde, les femmes subissent plus que les hommes les inégalités économiques, sociales et politiques, les discriminations, les violences. Il y a urgence à s’adresser, dans nos textes, de façon claire et sans détour à l’ensemble de l’humanité, femmes comme hommes. La France s’honorerait à prendre résolument ce parti. Cet appel entend y contribuer.

Nous ne contestons pas l’attachement politique et patrimonial à la « Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen » de 1789, il est aussi nôtre. Mais nous l’affirmons : la France serait mieux entendue encore à l’international si elle prenait le parti, rejoignant le concert des nations notamment francophones, d’user de l’expression « droits humains ». La France est écoutée. Sa voix compte pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Elle renforcerait ainsi sa place dans le monde, notamment par une diplomatie des droits des femmes, composante essentielle du poids des Etats au sein de la communauté internationale.

Nous ne souhaitons pas revenir sur le libellé de la « Déclaration des  Droits de l’Homme et du Citoyen ». Nous refusons de laisser enfermer le débat dans des termes académiques et culturels. Notre propos est politique : en choisissant « droits humains » pour les textes actuels et à venir, nous appelons la France à une prise de position progressiste, généreuse, universaliste comme le fut celle de 1789 en son temps.