Pour une secondaire citoyenne ouverte de gauche

Les primaires socialistes ouvertes approchent à grands pas et la même question revient: que faire pour qu’une candidature de rassemblement de gauche puisse émerger et être en mesure de se qualifier pour le second tour des élections présidentielles?

Les derniers résultats électoraux sont sans appel, il faut dépasser le PS pour pouvoir construire une candidature de négociation, une candidature de proposition qui prenne acte des avancées et des échecs du quinquennat.

L’élection ne pourra se jouer sur un bilan, elle se fera davantage sur un contrat de gouvernement. Pour la gauche, il reste une démarche crédible, celle consistant à faire de cette primaire socialiste ouverte une première étape donnant au vainqueur un mandat de rassemblement de la gauche.

Si on ne définit pas les modalités de ce rassemblement, on restera dans la simple déclaration. Je propose une théorie pyramidale où on recherche de manière participative à valider les différentes étapes d’un contrat de gouvernement.

Cette hypothèse est celle d’une secondaire citoyenne de gauche entre le vainqueur de la primaire socialiste ouverte, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon.

Yannick Jadot et le candidat socialiste seront les deux seuls à sortir d’une primaire. Comment faire pour que la négociation puisse permettre le rassemblement de la gauche plurielle autour d’une seule candidature?

Il faut pour cela proposer une validation démocratique des conditions de cette candidature, c’est-à-dire faire en sorte qu’il y ait un second débat et un vote sur cette nouvelle candidature unique. Il serait possible d’inscrire cette secondaire citoyenne ouverte au sein de la campagne des présidentielles avec un comité organisationnel commun chargé de définir les modalités (bureaux de vote, un ou deux tours de vote, des débats et la signature d’un contrat de gouvernement). Le vainqueur de cette secondaire citoyenne ouverte aurait une légitimité forte pour peser sur le cours des choses. Ce serait la première fois qu’une démarche participative serait adoptée de façon récurrente pour cheminer jusqu’à l’élection majeure afin de faire mentir les pronostics. Souvenons-nous qu’en 2007, Ségolène Royal, issue elle-même d’une primaire socialiste militante, avait organisé un débat de second tour avec le troisième homme pour pouvoir évaluer les intérêts communs.

Je ne vois pas d’autre issue si ce n’est la résignation à une fracture des gauches. Arnaud Montebourg est selon moi le seul en capacité d’aller négocier ce mandat après les primaires ouvertes. Il a les ressources dans son programme de transformation institutionnelle pour pouvoir valider les différentes étapes de ce projet France (qui est aussi le projet d’une France insoumise) et s’appuyer ensuite sur un troisième tour mettant en avant une révision constitutionnelle présentée par référendum. Enfin, il redonne du sens à la représentation politique en définissant le sens du mandat. Le peuple de gauche donne un mandat pour élargir la gauche et la rassembler pour ensuite porter une candidature ayant un mandat européen et international.